Sécurité alimentaire : À Bagré, une armée de VDP agricoles sous haute discipline

Après l’étape de Fada N’Gourma, la mission de suivi du Bureau National des Grands Projets du Burkina (BN-GPB) s’est rendue, le jeudi 13 mars 2026, à l’Institut de Formation en Développement Rural (IFODER). L’objectif était de constater les compétences acquises par 167 volontaires agricoles de la 2e cohorte de l’Initiative Présidentielle pour la Production Agricole et l’Autosuffisance Alimentaire (IP-P3A), après 70 jours de formation intensive.
Venus de huit communes, notamment Kaya, Boulsa, Pabré, Boala, Zecco, Komki-Ipala, Barsalogho et Saaba, ces jeunes VDP agricoles de la 2e promotion de l’initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire (IP-P3A) ont suivi un cursus où la pratique occupe 90 % du temps.

Sur les 5 hectares du centre, 3 hectares ont été entièrement mis en valeur avec des cultures de riz, de maïs, de soja et des spéculations maraîchères comme l’oignon et la pomme de terre.
Sous la direction de Hamidou Balima, responsable de l’IFODER, les apprenants ont exploré l’ensemble de la chaîne de valeur agropastorale. Outre la céréaliculture, les modules ont couvert l’aviculture, la pisciculture, la production de fourrage et la fabrication de bio-intrants.

« Nous leur avons donné beaucoup de bagages qui pourraient leur permettre d’être efficaces sur leurs sites. Ils ont appris à produire, mais aussi à transformer les produits comme la tomate ou le gombo en jus et confitures », a expliqué Hamidou Balima.

L’encadrement souligne une différence majeure avec les promotions précédentes. Un engagement sans faille lié à la discipline militaire reçue en amont. « On ressent leur volonté d’apprendre. Ils sont toujours prêts pour le travail. Leur passage à Badnogo a été un réel plus pour la discipline ici », a ajouté le responsable du centre.

Parmi les volontaires, les profils se diversifient, chose qui illustre l’adhésion de la jeunesse instruite et non instruite à l’appel de la nation. C’est le cas de Jean-Francky Soubeïga, originaire de la commune de Saaba. Économiste de formation, il a choisi de délaisser les bureaux pour le travail de la terre.

Sur le périmètre rizicole, il expose avec précision les étapes techniques de la variété TS2, du labour au repiquage. « Arriver sur le site et connaître les réalités du terrain est bien mieux que de se former de façon conventionnelle. Nos encadreurs ont toujours été à l’écoute pour nous permettre de mieux comprendre », confie-t-il.

Pour lui, ce choix est celui de l’autonomie. « L’entrepreneuriat est un métier qui me passionne. Je veux être indépendant, créer de l’emploi et contribuer au développement de mon pays », a-t-il dit.

À quelques jours de la fin de leur cycle, ces futurs techniciens polyvalents se disent prêts à transformer les terres du Burkina Faso en moteurs de croissance.
Pour l’encadrement, l’espoir est de voir ces jeunes devenir de véritables chefs d’exploitation capables de nourrir la nation.

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Akim KY
Burkina 24




