Sourou : Autorités et fidèles unis pour la paix lors de l’Aïd el-Fitr à Tougan

Le vendredi 20 mars 2026, la communauté musulmane de la province du Sourou a célébré, à l’instar de l’ensemble du pays, l’Aïd el-Fitr marquant la fin du mois de Ramadan. À Tougan, cette commémoration a été marquée par des messages de cohésion sociale et de solidarité, portés conjointement par les leaders religieux et les autorités administratives.
Sous un ciel de piété, les fidèles musulmans de Tougan se sont rassemblés pour la grande prière de l’Aïd el-Fitr. Après 29 jours de privation et d’intense dévotion, l’heure était aux réjouissances, mais aussi au recueillement face aux défis sécuritaires et sociaux que traverse la région.

Le Grand Imam de la mosquée de Tougan, El Hadj Mohamed Traoré, a rappelé l’essence de cette journée. Pour lui, la fête ne doit pas occulter les leçons apprises durant le mois saint.
« Le Ramadan est un grand jour pour les musulmans. Nous avons observé un mois de jeûne. Aujourd’hui, c’est la fête qui marque la fin de ce jeûne », a-t-il déclaré.

L’Imam a insisté sur l’importance de la charité pour valider l’effort spirituel fourni. « Il est dit aussi que nous devons faire l’aumône aux pauvres et cela contribue à ce que nos prières soient exaucées », a-t-il indiqué.
Au-delà de la communauté locale, ses bénédictions ont dépassé les frontières nationales. « Nous n’avons pas oublié notre pays. Nous avons fait des bénédictions pour nos dirigeants, aussi aux trois pays de l’AES, à savoir le Mali, le Burkina et le Niger, pour que la quiétude puisse régner », a précisé le chef religieux.

Présent lors de la cérémonie aux côtés du président de la délégation spéciale et du secrétaire général de la province, le Haut-Commissaire du Sourou, Désiré Badolo, a tenu à marquer la proximité de l’administration avec les citoyens. Interrogé sur le sens de sa présence, il a rappelé qu’il s’agit d’un principe républicain de soutien à toutes les confessions.

« Notre présence aujourd’hui vise à témoigner cette proximité et à marquer la présence de l’État aux côtés de toutes les communautés religieuses », a souligné Désiré Badolo.
Dans un discours axé sur l’unité nationale, il a exhorté les Burkinabè à voir au-delà des différences confessionnelles. « La religion, c’est un pont qui nous relie. Ce qui doit primer, c’est la qualité de Burkinabè. Nous sommes Burkinabè et frères », a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissaire a également invité les populations à une certaine retenue, rappelant que la liberté de culte reste un défi dans certaines zones de la province.
Il a appelé à une pensée solidaire pour les Personnes Déplacées Internes (PDI), les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et les VDP engagés sur le terrain. « Je les invite à fêter dans la sobriété, à tenir compte du contexte dans lequel nous sommes », a-t-il conclu.
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Akim KY
Burkina 24




