Kaya : 190 destins arrachés à la précarité par SOS Villages d’Enfants

À Kaya, 190 personnes, principalement des jeunes et des femmes issus de la province du Sandbondtenga, disposent désormais de nouveaux outils de travail pour lancer leurs propres activités. Le mercredi 25 mars 2026, SOS Villages d’Enfants au Burkina Faso a procédé à une remise officielle de kits d’installation complets pour permettre un démarrage immédiat dans plusieurs métiers.

L’investissement global pour cette étape à Kaya s’élève à 39 751 400 F CFA. Cette somme se décompose en 27 361 650 F CFA pour l’achat du matériel et 12 389 750 F CFA pour la formation technique des bénéficiaires.

Les équipements distribués couvrent des domaines variés comme la production d’attiéké pour 32 femmes, la coupe-couture pour 42 personnes et la transformation de produits ligneux pour 56 autres bénéficiaires.

Vue générale du matériel remis par SOS Villages d’Enfants à Kaya
Vue du  matériel remis par SOS Villages d’Enfants à Kaya

Les autres lots concernent la teinture de pagnes, le lavage de véhicules pour 6 jeunes et la coiffure pour 2 garçons. Chaque kit est complet et comprend par exemple des machines à coudre, des ciseaux et du tissu pour les couturiers, ou des nettoyeurs haute pression pour les laveurs de motos.

dit Marice Somé remettant un kit de couture pour encourager l'auto-prise en charge
Sâïrbèterfa dit Maurice SOMÉ ( milieu) remettant un kit de couture pour encourager l’auto-prise en charge

Cette cérémonie marque la quatrième édition de ce genre depuis que SOS Villages d’Enfants intervient dans la région en 2019. Le Directeur National de l’organisation, Sâïrbèterfa dit Maurice SOMÉ, a expliqué la philosophie de l’action.  « Nous avons mis en avant le principe qu’il vaut mieux aider à pêcher plutôt que de donner le poisson », a-t-il expliqué.

Des kits de couture composés de machines, ciseaux et tissus pour un démarrage immédiat.

Selon lui, l’autonomie est la clé du développement . « Une fois que ces personnes sont soutenues, elles peuvent se prendre en charge et contribuer au développement de leur nation », a-t-il ajouté.

Il a précisé que les précédentes promotions ont déjà permis de créer une production locale visible, comme des pagne kokodonda, de l’attiéké fabriqué et consommé directement à Kaya.

Rachelle S. Rachelle
Rachelle Armande Ouédraogo, Cheffe du projet, remet un kit à une bénéficiaire

Au-delà de l’aspect économique, ce projet intitulé « Prévenir le recrutement forcé et la radicalisation des enfants et des jeunes en leur offrant une protection et des mesures de sauvetage » vise aussi la stabilité sociale. Idrissa Gansonré, Haut-commissaire de la province du Sandbondtenga a souligné que le travail est un rempart contre les mauvaises influences.

« Si cette jeunesse n’est pas occupée, ça pourrait ouvrir la voie à d’autres choses peu recommandables telles que le recrutement dans des groupes terroristes »,  a-t-il déclaré. Pour lui, ces équipements permettent aux bénéficiaires, y compris aux personnes déplacées par l’insécurité, de  se sentir utiles, de se sentir Hommes au sein de la société.

Le Haut-Commissaire du Sanmatenga encourageant les bénéficiaires à la discipline et à la persévérance
Le Haut-Commissaire du Sanmatenga encourageant les bénéficiaires à la discipline et à la persévérance

La marraine de l’événement, Nida Blanche Hien/Traoré, Directrice régionale des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, a également encouragé les bénéficiaires à être les acteurs de leur propre changement. « Les kits que vous recevez ne sont pas une fin en soi, mais le point de départ d’un parcours entrepreneurial qui exigera de vous engagement, rigueur, persévérance et sens de la responsabilité », a-t-elle conseillé.

Nida Blanche Hien/Traoré a rappelé que ces kits sont un tremplin vers la dignité, l’autonomie et la résilience
Nida Blanche Hien/Traoré a rappelé que ces kits sont un tremplin vers la dignité, l’autonomie et la résilience

L’une des bénéficiaires, Yaméogo Sophie, productrice d’attiéké et de soumbala, a témoigné de l’importance de ce soutien. « Ça peut nous aider à prendre soin de nos enfants, nos maris, nos familles », a-t-elle fait entendre. Elle a tenu à rassurer les partenaires sur le bon usage du matériel.

« Ce que j’ai à dire à mes amies, c’est de ne pas prendre les affaires et puis aller déposer sans rien faire ».

Depuis le début de ses interventions dans la zone, SOS Villages d’Enfants a déjà formé environ 800 personnes pour favoriser leur insertion professionnelle.

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Akim KY

Burkina 24

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