Afrique du Sud : Les premiers ressortissants ghanéens rapatriés après des tensions anti-immigrés

Le premier vol transportant des ressortissants ghanéens évacués d’Afrique du Sud a atterri à Accra, dans un contexte marqué par une recrudescence des tensions xénophobes et des violences visant des étrangers dans le pays, rapporte Africanews.

À leur arrivée le mercredi 27 mai 2026, 26 Ghanéens, détenus auparavant pour des infractions liées aux visas, ont été accueillis par le ministre ghanéen des Affaires étrangères dans une ambiance patriotique, rythmée par des chants diffusés à l’aéroport.

Selon les autorités d’Accra, près de 800 ressortissants ghanéens devraient quitter l’Afrique du Sud dans les prochains jours grâce à des vols de rapatriement organisés par le gouvernement. Cette opération intervient après plusieurs manifestations et attaques visant des immigrés, qu’ils soient en situation régulière ou irrégulière.

Parmi les rapatriés, plusieurs témoignages décrivent des scènes de pillages et de violences. L’un d’eux raconte avoir perdu son salon de coiffure installé dans un conteneur de 40 pieds après des actes de vandalisme liés aux tensions actuelles. « Tant qu’on est en vie, on a tout », a-t-il confié après avoir fui le pays.

L’Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, attire depuis longtemps des travailleurs africains venus chercher de meilleures opportunités économiques. Mais le pays fait face à un chômage dépassant les 30 %, un contexte qui alimente régulièrement des poussées de colère contre les immigrés.

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Ces dernières semaines, la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant l’agression présumée d’un ressortissant ghanéen a ravivé les tensions et suscité une vive émotion au Ghana.

À l’arrivée des rapatriés, le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a annoncé des mesures d’accompagnement décidées par le président John Dramani Mahama. Les ressortissants bénéficieront notamment d’une aide au transport ainsi que d’une allocation spéciale de réintégration.

De son côté, l’Autorité sud-africaine de gestion des frontières affirme qu’environ 90 % des personnes concernées étaient en situation irrégulière, plusieurs ayant dépassé la durée légale de leur visa de plusieurs mois, voire d’une année.

Le haut-commissaire du Ghana en Afrique du Sud a cependant dénoncé les lenteurs administratives dans le traitement des demandes de renouvellement de permis de séjour.

Cette crise relance le débat sur la migration intra-africaine et la xénophobie sur le continent, mettant en lumière le contraste entre les discours panafricanistes et les réalités vécues par de nombreux migrants africains.

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