Saison des pluies au Burkina Faso : L’association Kamy sonne la révolte communautaire contre le paludisme

À l’aube d’une nouvelle saison hivernale, la lutte contre le paludisme s’intensifie au Burkina Faso. Ce mercredi 17 juin 2026, l’association Kamy a réuni à Ouagadougou les leaders religieux et coutumiers pour un atelier d’information et d’engagement. Objectif : faire de ces autorités, des acteurs de premier plan dans l’élimination de cette maladie.
Avec l’installation progressive de la saison pluvieuse, le spectre des maladies vectorielles refait surface, au premier rang desquelles le paludisme, qui continue de sévir lourdement dans le pays. Face à ce défi de santé publique, l’association Kamy a choisi d’anticiper en misant sur l’influence des leaders d’opinion pour renforcer la sensibilisation et l’action communautaire.
Fatimata Sawadogo/Ouédraogo, responsable du service promotion de la santé au District sanitaire de Boulmiougou, a présenté l’état des lieux épidémiologique.« De la présentation de ce jour, il est ressorti qu’il y a une baisse considérable des cas de paludisme dans notre district pour l’année 2025 », s’est-elle réjouie, avant de souligner l’importance stratégique de la rencontre.

« Nous avons abordé le volet engagement des leaders religieux et coutumiers pour voir tout ce qu’ils peuvent faire pour accompagner la lutte au niveau communautaire. Selon nous, dès que la communauté s’engage, les conseils donnés par les agents de santé sont automatiquement adoptés et produisent des résultats visibles sur le terrain ».
L’initiative a reçu un écho très favorable de la part des participants, conscients de leur rôle de relais auprès des populations. Le Boussoum Wayalghin Kamb Naaba Kiiba a exprimé sa satisfaction et réaffirmé l’engagement des garants de la tradition.
« C’est avec une grande joie que nous sommes aujourd’hui au district sanitaire de Boulmiougou pour répondre à l’appel de l’association Kamy. Le paludisme tue, mais nous, leaders coutumiers et religieux, sommes mobilisés pour jouer notre partition », a-t-il déclaré.

Le chef coutumier a d’ailleurs lancé un appel clair à l’action immédiate. « À partir d’aujourd’hui, tous ceux qui sont dans notre communauté, nos voisins, nos amis et nos familles devront se conformer aux directives de lutte. Les femmes enceintes et les enfants prendront avec soin les comprimés qui seront distribués. Chaque famille fera également le nécessaire pour dormir sous des moustiquaires imprégnées, », a-t-il clamé avec force.
Au-delà des messages de sensibilisation, les échanges ont été pragmatiques. Les participants ont formulé des recommandations concrètes pour optimiser les futures campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées, pointant du doigt certaines failles logistiques liées aux réalités du terrain.

Pour pallier ces insuffisances, ils ont suggéré la création de carnets personnels par famille afin d’assurer un suivi détaillé des dotations. Par ailleurs, en cas de difficultés persistantes de distribution gratuite, les leaders ont proposé d’explorer la piste d’une commercialisation des moustiquaires à prix social, pour garantir leur accessibilité tout en responsabilisant les bénéficiaires.
Protéger la mère et l’enfant, le credo de l’association Kamy
Pour l’association organisatrice, qui œuvre historiquement pour la promotion des droits de la femme, de la jeune fille et de l’enfant, cet engagement sur le terrain de la santé est une évidence.

Comme le rappelle Kam Céline, responsable de l’association Kamy :« Nous avons choisi de communiquer sur le paludisme parce que c’est l’une des premières causes de consultation dans nos CSPS. Main dans la main, nous voulons combattre cette maladie pour que les enfants et les femmes enceintes n’en souffrent plus. »
Flora KARAMBIRI
Burkina 24




