Adama Kanazoé : « Il y a d’autres éléments dans le choix de la population »

« Au-delà du discours politique, de l’offre politique, des programmes, il y a d’autres éléments qui sont déterminants dans le choix des populations ». C’est le constat-bilan fait par Adama Kanazoé, président de l’Alliance des jeunes pour l’indépendance et la république (AJIR) et candidat malheureux à la présidentielle du 29 novembre 2015 de sa première participation à une telle course électorale. Dans cet entretien, il évoque également sa vision quant à un gouvernement d’union nationale.

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Adama Kanazoé

Burkina24

Burkina 24 : 1, 21% est votre score à la présidentielle du 29 novembre dernier. Qu’est ce qui n’a pas marché ?

Adama Kanazoé : J’ai envie de dire déjà que 1, 21% c’est plus de 37 000 Burkinabè qui ont placé leur confiance en ma modeste personne. Il faut déjà reconnaitre la valeur de cela avant d’analyser de façon plus explicite ce résultat. Nous savions au niveau de l’AJIR que nous avions plusieurs faiblesses notamment les moyens financiers qui étaient limités, la notoriété de nos différents candidats, la jeunesse de notre parti qui a à peine un an et demi (d’existence).

Aussi par la jeunesse de notre parti, nous n’avons pas encore eu le temps de nous implanter dans tout le Burkina Faso. Mais nous sommes allés à ces élections parce qu’il y avait un contexte particulier, celui de l’insurrection et le vent du changement qui semblait être l’aspiration du peuple burkinabè.

Dans cette lancée, pour nous, il n’était pas exclu que les Burkinabè décident de changer radicalement et de confier leur destin désormais à des hommes nouveaux qui ne seraient aucunement comptables de toute la gestion de la génération de 83. C’est pour cela que nous avons trouvé notre angle de communication qui est le changement générationnel.

Burkina 24 : Changement générationnel dans la gouvernance, mais cela n’est pas arrivé. Etes-vous déçu du choix du peuple ?

Adama Kanazoé : Non ! 53% des Burkinabè ont choisi un de leur fils. Nous étions 14 filles et fils du Burkina Faso à prétendre à la magistrature suprême du pays. C’est un Burkinabè qui a gagné, il faut le reconnaitre et les 53% des Burkinabè ne peuvent pas avoir tort face aux 1,21% qui ont voté Adama Kanazoé.

Je m’incline devant la volonté du peuple burkinabè et je souhaite simplement que le président Roch Marc Christian Kaboré réussisse son mandat. Son succès sera le succès de tout le peuple burkinabè et son échec sera pour nous tous.

C’est pour cela qu’il ne faut pas que nous soyons dans une disposition qui est celle d’essayer de lui mettre les bâtons dans les roues, ça ne servira à rien ! Mais au contraire, l’accompagner dans les bonnes actions mais, aussi critiquer celles qui ne sont pas bonnes.

Burkina 24 : De plus en plus, des ténors du MPP parlent d’un gouvernement d’union nationale, allez-vous y participer si vous êtes conviés ?

Au niveau du Bureau politique national, nous avons discuté et pour nous, participer à un gouvernement d’union nationale est envisageable. Pas simplement parce que nous sommes dans une logique d’aller systématiquement, comme on le dit, à la soupe, mais nous pensons que notre programme a des aspects qui restent pour nous, les meilleurs.

Sur les questions notamment de l’emploi, je pense qu’il n’y a pas meilleur programme que celui que l’AJIR propose. Si nous avons la possibilité au sein d’un gouvernement d’ouverture, de faire en sorte que certains aspects de ce programme soient pris en compte pour le bonheur de la jeunesse et de la population, nous serions très heureux de pouvoir les mettre en branle pour aider les populations à sortir de cette situation difficile.

Burkina 24 : Mais étant de l’opposition, on peut aussi aider ces mêmes populations…

Adama Kanazoé : C’est une option aussi. Au jour d’aujourd’hui, nous ne sommes pas au gouvernement, donc nous pouvons passer la suite de notre carrière dans l’opposition comme nous pouvons aller dans le gouvernement. Mais s’il y a des choix à faire, ce sera au Bureau politique national de les faire.

Burkina 24 : Aux législatives, votre parti est sorti bredouille. Finalement que retenez-vous de votre participation aux deux scrutins ?

Adama Kanazoé : Notre objectif à la présidentielle était purement qualitatif et nous sommes satisfait parce que nous avons proposé quelque chose de qualitatif. Nous pensons que notre projet de société a été positivement apprécié. Nous avons surtout donné une autre image de la jeunesse burkinabè. Nous avons certainement changé le regard de la vieille classe politique sur le potentiel de la jeunesse burkinabè et de la relève politique au Burkina. En cela, c’est une satisfaction pour nous.

Mais vous avez raison sur les législatives, les objectifs étaient purement quantitatifs. Nous pensions très franchement que nous allions pouvoir décrocher au moins cinq députés. C’était notre objectif en réalité. Je vous prends un exemple précis : dans le Houet, nous avons 7 000 membres dans nos différentes structures. Nous avons eu 1 900 voix. Comment vous expliquez cela ? Nos propres membres de nos différentes structures ne nous ont pas votés pour des raisons que nous même cherchons à comprendre.

Ce que nous avons tiré comme enseignement de ces élections, c’est qu’au-delà du discours politique, de l’offre politique, des programmes, il y a d’autres éléments qui sont déterminants dans le choix des populations.

La Realpolitik nous a montré qu’il existe encore beaucoup d’éléments qui ne sont pas liés au programme politique, mais très déterminants dans le choix des populations. A nous de tirer des leçons et de prendre les dispositions pour que désormais, nous soyons plus efficaces.

Propos recueillis par Yannick SAWADOGO

Burkina 24

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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