Ici Au Faso : La vente des briques, un business qui nourrit plusieurs bouches

Vous le savez, le Burkina Faso connait son temps fort de l’urbanisation ces dernières décennies, réalisation d’infrastructures par-ci, construction de grands immeubles par-là. Ce paramètre serait un cauchemar s’ils n’existaient pas des ingénieurs, architectes, et maçons. Aujourd’hui, un autre business s’est invité à cette grande famille, et c’est la vente des briques. Ce métier consiste à confectionner des briques et ensuite les commercialiser à ceux qui veulent réaliser leur construction sans passer par l’achat du ciment, du sable, de l’eau, ou encore à ceux qui se trouvent dans l’urgence. Alors, vous êtes d’avis que ce métier a bien sa place dans ce monde à l’urbanisation galopante ? Ernest Nana, briquetier de profession vous met au parfum de son gagne-pain dans les lignes qui suivent… 

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Comme dans leur agenda, ils commencent leur job à l’aube pour terminer avant que le soleil se pointe dans les horizons, car leur « bureau » est à ciel ouvert. Ce vendredi matin, ils ne vont pas déroger à leur habitude.

A 12 heures quand nous coupons le moteur de notre engin, ils étaient assis en groupe sous un hangar. Pendant que d’autres se reposaient après une journée de dur labeur, d’autres se rinçaient et se changeaient pour occuper autrement les autres heures de la journée.

« On reconnait le vrai maçon au pied du mur », dit-on, et Ernest Nana, bien qu’il ait déjà filé ses habits de rechange comme pour vaquer à d’autres occupations, rodait toujours autour de ses œuvres (briques ndlr), pour veiller au grain.

Le briquetier Ernest Nana

Âgé de la vingtaine, Ernest Nana fait dans la confection des briques depuis maintenant deux ans. Dans son programme du jour, il fabrique soit des briques en creux, soit des aérations. Mais tout compte fait, ce job, il le fait à temps plein. Avec son expérience, il nous plonge dans son univers.

« On fabrique nos briques avec le ciment, le sable et la moule. Comme c’est pour commercialiser, on mesure cinq brouettes et demi, pour un sac de ciment », nous apprend-il.

« Par jour s’il y a le marché on peut vendre mille briques ou deux milles briques »

Ce mélange d’un sac de ciment équivaut à 70 briques. Avec ce business, notre briquetier arrive à vivre une vie modeste avec sa petite famille. Mais il faut le dire, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Cependant, ils existent ces jours où le jeune Ernest ne reçoit pas le moindre « Salam » des clients.

« Par jour s’il y a le marché on peut vendre mille briques ou deux milles briques. Mais s’il y a pas marché, on peut faire un mois même sans vendre une brique », confie-t-il. 

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Force est de constater que la morosité de la clientèle n’est pas la seule difficulté de notre ami, si on sait très bien que la saison pluvieuse avance à pas de course. C’est donc avec stratégie qu’il opère sans enregistrer d’énormes pertes.

« Vous voyez ces briques qu’on vient de taper, si la pluie commence, elle peut ravager tout ça. Et c’est nous qui allons faire de grosses pertes. De fois, si le sable n’est pas de bonne qualité, on peut fabriquer des briques pour les clients et ils vont plus venir acheter d’autres, et le reste, c’est nous qui allons poiroter pour l’écouler. 

Avec la saison pluvieuse qui est là aussi, quand on veut travailler, on vient très tôt pour commencer, comme ça d’ici midi, tout le monde descend, parce qu’on ne sait jamais. Par exemple, si la pluie veut tomber ce soir, ça viendra trouver que nos briques ont déjà commencé à sécher », renchérit-il avec peine.

« Si tu viens payer ici, c’est beaucoup plus rapide »

Comme tout bon entrepreneur, Ernest Nana est bien conscient du rôle prépondérant que joue son entreprise dans ce monde en plein développement. Il soutient donc que les clients gagneraient doublement, soit en temps et en argent, en toquant à leur porte pour tout projet de construction.

« Tu vas payer sable, tu vas payer ciment, tu vas payer de l’eau, tu vas appeler quelqu’un pour confectionner les briques, s’il vient pour la confection, il va prendre 1500 francs pour un sac, et en fin de compte si tu vas calculer, tu es en retard, or si tu viens payer ici, c’est beaucoup plus rapide. C’est donc pour ça, qu’on confectionne les briques pour déposer, si tu viens et que tu as la chance qu’il y a des briques déposées, tu achètes en même temps, et tu gagnes en temps », indique Ernest Nana tout en rassurant de la qualité de ses briques.

Une exposition de briques de Ernest Nana

Les prix de ses briques sont fixés à 250 francs l’unité. Pour la bonne marche de son business, il tend ses bras aux bonnes volontés. A l’écouter, il est confronté à un manque de moyens financiers qui impacte considérablement son marché.

Pour ceux qui veulent se procurer des briques de Ernest, son entreprise est située au niveau de la mairie de l’arrondissement 11 (Karpala ndlr). Il est installé juste au bord de la voie où sont positionnés les pylônes.

Sié Frédéric KAMBOU

Burkina 24

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Un commentaire

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