« Aucune femme ne doit mourir en donnant la vie » : La SOGOB à l’offensive contre l’hémorragie du post-partum

La Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB) a réuni, du 13 au 14 janvier 2026 à Ziniaré, une trentaine de journalistes, communicateurs et influenceurs afin de renforcer la lutte contre l’hémorragie du post-partum (HPP), première cause de décès maternels au Burkina Faso.

Cette rencontre vise à faire des professionnels des médias de véritables relais stratégiques dans la lutte contre une mortalité maternelle encore trop élevée mais largement évitable.

Le Pr Charlemagne Ouédraogo, président de la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB), a fait comprendre que la mortalité maternelle reste un problème de santé publique au Burkina Faso.

« Nous avons réuni 30 hommes et femmes de médias pendant 48 heures pour parler de la mortalité maternelle évitable, notamment celle due aux hémorragies du post-partum, ces saignements abondants qui surviennent après l’accouchement », a-t-il souligné.

En effet, le président de la SOGOB reconnaît les progrès réalisés au fil des années, tout en soulignant la persistance du problème. « La mortalité maternelle existe dans toutes les régions du Burkina Faso. Elle a diminué, certes, mais elle demeure à des niveaux qui ne sont pas satisfaisants », a-t-il indiqué.

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Les hémorragies du post-partum représentent environ 30 % des décès maternels au Burkina Faso, faisant de cette complication un enjeu majeur de santé publique. À travers ce plaidoyer, la SOGOB ambitionne de contribuer à l’atteinte de l’objectif fixé par les Objectifs de développement durable (ODD), qui visent à ramener la mortalité maternelle à moins de 70 décès pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2030.

« Nous avons les moyens d’anéantir cette cause de décès maternel. Si nous innovons dans les produits et les pratiques, nous pouvons respecter cet engagement, pour que plus aucune femme ne meure en donnant la vie », a insisté le Pr Charlemagne Ouédraogo.

A l’écouter, contrairement à certaines perceptions, le Burkina Faso n’affiche pas les taux les plus élevés de la sous-région, mais fait face à une mortalité persistante, liée principalement aux hémorragies Post-partum, à l’hypertension artérielle et ses complications.

À ces causes médicales s’ajoutent des facteurs structurels tels que l’état des routes, les difficultés logistiques et les ruptures d’approvisionnement, qui compliquent l’accès rapide et efficace aux soins. « Pour les causes principales, nous avons des solutions intra-hospitalières capables de réduire considérablement la mortalité maternelle », a assuré le président de la SOGOB.

Au cœur du plaidoyer figure l’introduction de la carbétocine thermostable, une molécule plus résistante à la chaleur que l’ocytocine actuellement utilisée, laquelle nécessite une chaîne de froid souvent difficile à maintenir, notamment dans les zones à haut défi sécuritaire.

La SOGOB à l’offensive contre l’hémorragie du post-partum
La SOGOB à l’offensive contre l’hémorragie du post-partum

« Nous souhaitons que le gouvernement et ses partenaires accompagnent le ministère de la Santé pour l’acquisition de cette nouvelle molécule, afin qu’aucune femme vivant dans ces zones ne soit laissée pour compte », a plaidé le Pr Charlemagne Ouédraogo.

D’autres innovations sont également envisagées, notamment l’introduction de sacs d’évaluation des pertes sanguines après l’accouchement et le renforcement des capacités du personnel de santé.

Cependant, le président de la SOGOB a insisté sur un point crucial à avoir que toutes les femmes enceintes sont exposées au risque de complications, même en l’absence de signes avant-coureurs. « L’approche basée uniquement sur le risque ne donne pas de bons résultats. Une hémorragie du post-partum est imprévisible et peut survenir chez une femme qui a eu une grossesse sans problème », a-t-il expliqué.

D’où l’importance, selon lui, d’une vigilance systématique dans toutes les maternités, ainsi que du respect rigoureux des mesures de prévention, afin de réduire durablement la mortalité maternelle au Burkina Faso.

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