Soutenance de thèse : Yacinthe Sam analyse le mythe, la fiction et la réalité dans le cinéma burkinabè

Yacinthe Sam a brillamment soutenu sa thèse de doctorat unique en Lettres modernes en vue de l’obtention du grade de Docteur (Dr) de l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) de Ouagadougou, le vendredi 23 janvier 2026, au sein de ladite université. Son travail de recherche a été sanctionné de la mention « Très honorable ». 

« Mythe, fiction et réalité dans le cinéma burkinabè ». Ainsi a été intitulé le travail de recherche de l’impétrant Yacinthe Sam.

L’impétrant Yacinthe Sam présentant son document aux membres du jury

Yacinthe Sam a naturellement eu pour champ d’étude le cinéma burkinabè, particulièrement les longs métrages de fiction burkinabè depuis les années 1960 jusqu’à nos jours.

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Il est en effet parti d’un corpus principal de 17 films et d’un corpus d’appoint de 32 films. Il s’est concrètement agi pour lui de mettre en relation la création filmique burkinabè et le mythe, la fiction et la réalité.

Dr Yacinthe Sam posant fièrement avec sa thèse, après sa soutenance

A travers cette thèse, l’impétrant a essayé de s’intéresser à la manière dont les films burkinabè, surtout les longs métrages de fiction sont construits ; le matériau à partir duquel les réalisateurs construisent leurs films, au Burkina Faso.

En termes de résultats, l’impétrant dit s’être rendus compte que la création filmique burkinabè passe par l’exploitation d’un certain nombre d’éléments.

« Et dans le cadre de notre thèse, nous nous sommes intéressé spécifiquement au mythe et à la réalité, qui sont exploités de façon très remarquée dans le cinéma burkinabè. Ainsi, à voir un film burkinabè, c’est comme si nous avions à faire à un documentaire, bien que ce soit une fiction », a-t-il déclaré.

Dr Yacinthe Sam, son épouse et des membres du jury, après la délibération

Yacinthe Sam a aussi fait remarquer, sur la période 1960 à nos jours, que la production cinématographique burkinabè a été une production assez riche. « Elle se spécifie par le fait qu’elle tente de rester proche de nos traditions, de nos cultures, de nos réalités. Elle s’en détache difficilement », a-t-il également fait observer.

En somme, a indiqué l’impétrant, c’est un peu ce que cette thèse a voulu démontrer à travers l’inventaire de la présence de ces éléments-là dans les différents longs métrages de fiction.

Dr Yacinthe Sam donnant la quintessence de son travail scientifique devant les membres du jury

En termes de perspectives, le désormais Dr veut continuer à approfondir les éléments de recherche déjà abordés dans sa thèse, que ce soit sur la question du contenu filmique, la question de la réception, la question des indemnités culturelles et de la mémoire et bien d’autres aspects qui semblent mériter d’être approfondis.

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24

Résumé de la thèse

Le cinéma est une pratique artistique qui se particularise par sa capacité à pouvoir combiner plusieurs autres langages artistiques, faisant de ce dernier un art intermédial et favorisant ainsi sa proximité avec le spectateur. Ce faisant, pour une meilleure connaissance de ce phénomène artistique, le domaine du cinéma reste un vaste champ à explorer.

Cela est d’autant plus indispensable pour un cinéma relativement jeune comme le cinéma burkinabè. Dans ce sens, cette thèse est une contribution à une meilleure connaissance du cinéma burkinabè, sur le plan scientifique. Elle étudie la manière dont le mythe, la fiction et la réalité participent de la création filmique au Burkina Faso. Pour ce faire, l’étude procède selon une approche sémiotique, en partant notamment des outils théoriques de la Poétique des cinémas d’Afrique noire francophone.

Ainsi, il ressort de cette étude que la création filmique au Burkina Faso procède à une exploitation très remarquée de la matière mythologique ; et cela, depuis l’exploitation quasi-exclusive de cette matière mythologique jusqu’à sa figurativisation, en passant par les phénomènes d’allusion ou de clin d’œil. En outre, le processus de fictionnalisation qui est en œuvre dans ce cinéma, s’établit essentiellement selon trois dynamiques : une construction fictionnelle, une reconstruction fictionnelle et des distorsions qui peuvent être observées dans la construction narrative des films.

Par ailleurs, l’inscription du réel dans le construit fictif qu’est le film se matérialise à travers trois dimensions essentielles de l’œuvre filmique : le personnage, la dramaturgie et le discours. Ainsi, la présente recherche aboutit à des résultats très intéressants qui participent d’une plus grande connaissance du phénomène cinématographique burkinabè. Ces résultats se présentent davantage comme des ébauches pour lesquelles d’autres études sont indispensables afin de favoriser une meilleure saisie de ce phénomène artistique qu’est le cinéma au Burkina Faso.

Mots clés : Burkina Faso, cinéma, mythe, fiction, réalité, sémiotique.

Serge Pacome ZONGO

Tambi Serge Pacome ZONGO, journaliste s'intéressant aux questions politiques et de développement durable.

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