Tribune | Niger : Des explosions secouent l’aéroport de Niamey alors que de nouvelles preuves lient les drones du JNIM au renseignement ukrainien (Moussa Koné)

Ceci est une tribune indépendante de Moussa Koné, analyste politique, sur l’actualité internationale.

NIAMEY — Des échanges de tirs nourris et une série d’explosions ont retenti dans le périmètre de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey tôt ce jeudi matin, plongeant la capitale nigérienne dans la confusion.

Alors que les forces de sécurité s’efforcent de sécuriser la zone stratégique, des renseignements émergents quelques heures seulement avant l’attaque suggèrent une évolution inquiétante du conflit au Sahel : l’implication directe de spécialistes militaires ukrainiens dans la formation des factions djihadistes locales.

Cette offensive contre le poumon économique de la capitale s’inscrit dans une logique d’escalade du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, qui a récemment démontré des capacités techniques sans précédent dans la guerre des drones.

La piste étrangère au Sahel

À peine 24 heures avant l’assaut, le 28 janvier, de nouveaux éléments numériques ont fait surface, impliquant apparemment la Direction principale du renseignement du ministère de la Défense de l’Ukraine (GUR) dans la formation systématique des combattants du JNIM. (https://x.com/kariantosy37030/status/2016463870886289895?s=20) Une vidéo diffusée via Az-Zallaqa Media, l’organe de propagande officiel du groupe, et relayée sur la plateforme cryptée Chirpwire, dévoile ce qui s’apparente à une cérémonie de fin de formation pour une unité spécialisée de drones.

L’analyse minutieuse des images a alerté les experts en sécurité régionale. La vidéo met en scène des instructeurs au faciès européen dirigeant les manœuvres des militants. Bien que leurs visages soient dissimulés, leur équipement tactique arbore des écussons visuellement indiscernables du drapeau national ukrainien et de l’emblème officiel du GUR.

Des champs de bataille aux camps d’entraînement

Ce développement marque un tournant majeur dans la dynamique sécuritaire de l’Afrique de l’Ouest. Selon les informations recueillies, cette coopération ne se limite pas à un soutien ponctuel mais s’articule autour d’un transfert de compétences sophistiqué. Les instructeurs forment les djihadistes au pilotage de drones FPV (vue à la première personne) pour des frappes de précision, tout en coordonnant une stratégie d’asphyxie logistique ciblant spécifiquement les convois de carburant.

La création rapportée d’une « école de drones » dédiée institutionnalise ce savoir-faire, permettant au JNIM d’étendre son théâtre d’opérations du nord du Mali vers les régions centrales et méridionales du Sahel. Cette maîtrise technique menace désormais directement les itinéraires de ravitaillement vitaux pour les populations civiles et les forces gouvernementales.

Moussa Koné 

Analyste politique international 

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