Au Burkina Faso, la santé bucco-dentaire est un enjeu majeur de santé publique, alerte des chirurgiens bucco-dentistes

Le 20 mars de chaque année, il est célébré la Journée mondiale de la santé bucco-dentaire (JMSBD). Au Burkina Faso, elle a été célébrée en différé au travers d’une session de formation au profit des Hommes de médias et des influenceurs, ce jeudi 16 avril 2026, à Ouagadougou.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « il n’y a pas de santé sans la santé bucco-dentaire ». Le ministère de la santé, partageant cette réalité, a, à travers la Direction de la prévention et de contrôle des maladies non transmissibles (DPCM),  entrepris, de concert avec la représentation nationale de l’OMS, d’outiller davantage les Hommes de médias et les influenceurs sur la santé bucco-dentaire.

Dr Ouédraogo, chirurgien bucco-dentiste, à l’occasion de sa présentation

Objectif, renforcer leurs compétences en matière de prévention et de prise en charge des affections bucco-dentaires de sorte à contribuer à la sensibilisation de la population afin de prévenir la survenue des caries dentaires et freiner la progression des maladies parodontales.

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Pour ce faire, des communications ont été faites de façon alternée entre les chirurgiens bucco-dentistes Dr Eliane Paré et Dr Ouédraogo. Dr Ouédraogo, donnant donc le ton des communications, a abordé les généralités sur la bouche et les dents. Elle a ainsi présenté la cavité buccale et l’anatomie d’une dent ; procédé à des définitions conceptuelles ; présenté la typologie et la fonction des différentes dents et fait savoir la physiopathologie des affections.

Dr Paré a ensuite communiqué sur la carie dentaire et les maladies parodontales. Concernant le premier volet, la carie dentaire, elle a expliqué l’organisation du microbiote buccale. Mais avant, elle l’a défini comme étant l’ensemble des micro-organismes (bactéries, etc.) peuplant la bouche, constituant le deuxième écosystème le plus diversifié après l’intestin. Elle a estimé à 10 milliards le nombre de micro-organismes, représentant environ 700 espèces bactériennes.

Dr Eliane Paré, chirurgien bucco-dentiste, communiquant sur la carie dentaire et les maladies parodontales

Elle a également signifié que ces micro-organismes jouent un rôle protecteur essentiel contre les infections. Un déséquilibre (dysbiose), dit-elle, favorise les caries, les maladies des gencives (gingivite/parodontite) et des infections systémiques. En termes simples, elle a laissé entendre que lesdits microbes vivent en harmonie avec leur hôte (contribuent à la bonne santé de notre bouche), soulignant au passage leur rôle immunitaire et de renouvellement cellulaire.

S’agissant du second volet, les maladies parodontales ou maladies de la gencive, Dr Paré a indiqué que les parodontales constituent la 2e affection bucco-dentaire. Elle a, suivant l’ordre de sa présentation, listé le tabac, l’alcool, le cannabis, le diabète, la diminution des défenses immunitaires, certains médicaments, les changements hormonaux comme des facteurs aggravants des maladies parodontales.

Prévention

Dr Ouédraogo est revenu pour parler prévention. Le brossage dentaire, a-t-elle alors informé, est le pilier en santé publique. Un bon brossage, selon elle, dure de 2 à 3 minutes. Et le brossage du soir, a-t-elle poursuivi, est le plus important des brossages de toute la journée.

De la gauche vers la droite (présidium), Clotaire Hien, représentant le représentant de l’OMS au Burkina Faso ; Dr Olivia Ouédraogo, DPCM et Dr Eliane Paré, chirurgien bucco-dentiste

En termes de recommandations, elle a invité à privilégier les brosses à dents à poils souples ; à faire attention à notre alimentation ; à ne pas se rincer la bouche à l’eau après le brossage, mais plutôt recracher simplement l’excédent de pâte dentifrice de sorte à permettre au fluor de rester en contact avec l’émail.

Sur cette astuce, elle a toutefois alerté sur la nécessité de faire attention au dosage du fluor. Nos chirurgiens bucco-dentistes ont en somme tiré sur la sonnette d’alarme au regard du fait que la santé bucco-dentaire est un enjeu majeur de santé publique.

Défis et perspectives

Par ailleurs dans leurs communications, Dr Paré et Dr Ouédraogo ont fait savoir qu’au Burkina Faso, la consommation élevée d’aliments et de boissons sucrés ; la faible appropriation de la santé bucco-dentaire ; le manque de sensibilisation et de promotion ; l’accessibilité limitée aux soins ; l’insuffisance de politique sur les déterminants médicaux, entre autres, restent les défis majeurs à relever.

Les participants ont posé pour la postérité en marge de la cérémonie officielle d’ouverture de la formation

La DPCM, l’un des acteurs clés de lutte, a en perspectives un plan de retrait progressif de l’amalgame ; un projet de prévention de la carie dentaire par le fluor ; un décret sur l’utilisation des sucres dans l’alimentation ; l’introduction de modules spécialisés à l’Ecole nationale de santé publique (ENSP) ; un partenariat avec l’Université pour définir les priorités dans la recherche…Au niveau national, l’OMS accompagne la DPCM dans la santé bucco-dentaire au travers d’élaboration de stratégies, en tant que partenaire technique et financier…

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24

Serge Pacome ZONGO

Tambi Serge Pacome ZONGO, journaliste s'intéressant aux questions politiques et de développement durable.

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