Education : Bankui se mobilise pour garder les filles en classe !

Dans le cadre des activités de la campagne «Kom-pugli Kaoreng yoodo», les responsables du projet SWEDD+ ont mené, le lundi 20 avril 2026, à Dédougou, une série d’actions, notamment des sessions de plaidoyer, des prestations gratuites de soins, ainsi que des rencontres avec des autorités locales et des établissements scolaires.
Cette journée marathon a débuté chez le Haut-Commissaire de la province de Bankui. Sur place, l’initiative du projet SWEDD+ a été saluée pour sa pertinence.Souleymaneba Ouattara, Haut-Commissaire de la province de Bankui, a indiqué que la question de la scolarisation et du maintien des filles à l’école dans la région de Bankui demeure préoccupante.
«Il ressort qu’en matière de scolarisation et de maintien des filles à l’école, notre région présente un taux de 32% contre 46% au plan national, du coup la question est plus préoccupante dans notre circonscription administrative», a-t-il reconnu.

Il a précisé que cette situation est liée à plusieurs facteurs, notamment les mariages précoces, l’insécurité ainsi que l’existence de sites miniers. Selon lui, il est nécessaire de renforcer la sensibilisation à tous les niveaux afin d’inverser la tendance.
Après le Haut-Commissariat, la délégation s’est rendue à la Maison de la femme de Dédougou, où se tenait une session de plaidoyer en faveur de la scolarisation et du maintien des filles à l’école, à l’intention des leaders coutumiers et religieux. Mariam Sawadogo/Bonkoungou, cheffe de service de la promotion de l’éducation inclusive, de l’éducation des filles, du genre et de la citoyenneté, a souligné qu’au cours de sa communication, elle a rappelé aux leaders l’importance de soutenir les filles tout au long de leur parcours scolaire.

«On voulait que tout ceux qui ont participé aux plaidoiries d’aujourd’hui soient des relais pour mener des activités au niveau des mosquées, des églises et des cours royales pour sensibiliser les communautés à avoir un regard sur le maintien des filles dans le système éducatif jusqu’à leur réussite», a-t-elle déclaré.
Les leaders coutumiers et religieux, par la voix de l’imam Hamadou Kagambega de la section du CERFI à Dédougou, ont affirmé que les différentes communications reçues ont contribué à mieux les édifier sur la scolarisation et le maintien des filles à l’école. Il a rappelé que la religion, notamment l’islam, encourage la quête du savoir. «Femmes et hommes, on est appelé à chercher le savoir. Donc, on ne doit pas éduquer seulement les garçons et laisser les filles», a-t-il interpellé.

De la Maison de la femme, l’équipe s’est ensuite rendue au Centre médical urbain de Dédougou, où se déroulaient des prestations gratuites de soins. Ces activités, prévues jusqu’au jeudi, portent notamment sur le dépistage du cancer du col de l’utérus, du VIH, de la syphilis et d’autres infections sexuellement transmissibles au profit des femmes et des jeunes filles.
Assara Yonli, conseillère de santé à la direction de la santé de la famille, a salué l’engouement des bénéficiaires. Elle a expliqué qu’en cas de dépistage positif à une infection sexuellement transmissible, des traitements sont immédiatement administrés gratuitement.

«Il y a des préservatifs qu’on distribue, il y a aussi le dépistage du cancer des seins», a-t-il dit. Elle a également confié que, de 7h à 11h, plus de 50 femmes avaient déjà été dépistées.
La délégation a ensuite poursuivi sa tournée au Collège privé Mari Rosa Molas, où des échanges ont eu lieu avec le corps enseignant et les élèves.

Les participants ont salué cette initiative du gouvernement burkinabè, portée par le projet SWEDD+, qui vise à promouvoir la scolarisation des filles et à favoriser leur maintien à l’école.
Le directeur régional de l’enseignement secondaire dans la région de Bankui a, pour sa part, indiqué que les données relatives à la scolarisation des filles dans la zone Bankui/Sourou restent peu reluisantes, traduisant l’ampleur des défis à relever dans ce domaine.

Il a, par ailleurs, salué l’approche du projet SWEDD+, qui consiste à impliquer les leaders religieux et coutumiers afin de susciter un changement de comportement en faveur de la scolarisation et du maintien des filles à l’école.
W.S
Burkina 24




