Personnes déplacées et retournées : Un nouveau projet pour renforcer l’accès à l’eau et à l’assainissement

Le ministère en charge de l’Eau et de l’Assainissement, en collaboration avec ses partenaires, a lancé, ce mardi 2 juin 2026 à Ouagadougou, le projet intitulé « Renforcer la durabilité et de la résilience des services d’eau potable et d’assainissement pour les personnes déplacées, les retournés et les populations touchées par la situation humanitaire au Burkina Faso ». 

Le défi sécuritaire auquel le Burkina Faso est confronté depuis une décennie engendre une situation humanitaire préoccupante. Les populations font face à de nombreuses difficultés liées notamment à l’accès à l’eau et à l’assainissement.

C’est dans l’optique de soulager les personnes affectées qu’un projet financé par la République fédérale d’Allemagne à hauteur de 10 millions d’euros, soit environ 6 milliards de FCFA, vient d’être lancé.

Dietrich Becker, ambassadeur de l'Allemagne au Burkina Faso
Dietrich Becker, ambassadeur de l’Allemagne au Burkina Faso

Le projet s’étendra sur une période de quatre ans. Environ 97 000 personnes en bénéficieront dans les régions du Bankui, du Goulmou et du Yaadga. Concernant le volet assainissement, des latrines familiales, scolaires, sanitaires et publiques seront construites au profit des populations.

Deux mini-stations de traitement des boues de vidange seront également implantées afin de garantir une gestion sûre des déchets dans des zones où ces infrastructures sont quasi inexistantes.

Dietrich Becker, ambassadeur de l’Allemagne au Burkina Faso a laissé entendre que, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, les déplacements de populations, les retours et la pression croissante sur les ressources naturelles, il est essentiel de renforcer la résilience des communautés déplacées, retournées et d’accueil.

«Dans ce contexte, l’accès à l’eau potable n’est pas un luxe, ce n’est pas un détail technique. C’est une question de dignité, de santé, de paix sociale. L’eau c’est la vie, nous le savons tous mais l’eau c’est aussi la stabilité, la cohésion, l’espoir», a-t-il souligné.

La représentante de l’UNICEF au Burkina, Dr Chantal Umutoni
La représentante de l’UNICEF au Burkina, Dr Chantal Umutoni

Pour la représentante de l’UNICEF au Burkina, Dr Chantal Umutoni, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est un droit fondamental. «C’est aussi une condition essentielle de santé, de dignité et de bien-être, surtout pour les enfants. Lorsque ce droit n’est pas garanti, ce sont les plus vulnérables qui en paient le prix. Dans les zones touchées par l’insécurité et les déplacements, cette réalité reste trop souvent quotidienne», a-t-elle déclaré.

Elle a confié que ce projet est le fruit d’un travail mené tout au long de l’année 2025 avec le ministère en charge de l’Eau et de l’Assainissement. «Les consultations et ateliers de co-création ont permis de l’ancrer dans les réalités du terrain, d’identifier les besoins les plus urgents et de l’aligner sur les priorités nationales du secteur», a-t-elle précisé.

Représentant le ministre en charge de l’Eau et de l’Assainissement, Alassane Guiré, directeur de cabinet, a affirmé que ce projet permettra de renforcer les services d’eau et d’assainissement au bénéfice de 97 000 personnes.

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Il a indiqué que l’initiative vise à renforcer la résilience et l’accès équitable aux services d’eau potable et d’assainissement pour les populations hôtes, les personnes déplacées internes et les populations retournées dans leurs localités d’origine.

«Ce projet n’est pas une initiative isolée, il s’inscrit pleinement dans les priorités du plan relance qui traduit la vision du gouvernement pour un Burkina Faso souverain stable et prospère», a-t-il fait connaître.

Alassane Guiré, directeur de cabinet
Alassane Guiré, directeur de cabinet

Aussi, a-t-il fait savoir que ce projet s’inscrit en droite ligne du plan gouvernemental de réinstallation des villages reconquis. «En renforçant les services publics d’eau et d’assainissement dans ces zones fragiles, le projet contribuera à la consolidation de la sécurité, de la cohésion sociale et de la paix en réduisant les tensions à l’accès aux sources», a-t-il affirmé.

Pour rappel, le projet comprend la construction de sept nouvelles adductions d’eau potable simplifiées (AEPS), de deux systèmes multi-villages alimentés à l’énergie solaire, la réhabilitation et l’extension de six systèmes multi-villages existants, la réalisation de 60 blocs de latrines dans les écoles et les centres de santé, ainsi que la mise en place de deux stations de traitement des boues de vidange. Le projet sera mis en oeuvre par KFW et l’UNICEF.

W.S

Burkina 24

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