Burkina Faso : Le gouvernement plaide pour la mobilisation d’engagements financiers en faveur du Plan national de réponse humanitaire 2026
Afin de pallier la situation de crise humanitaire que connaît le Burkina Faso depuis plusieurs années maintenant, un Plan national de réponse humanitaire (PNRH) 2026 a été élaboré et présenté aux partenaires humanitaires du pays, ce mardi 17 février 2026, à Ouagadougou, à l’occasion d’une rencontre officielle. A l’ouverture des travaux, le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, ministre de la Famille et de la solidarité, présidente du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), dit attendre la mobilisation d’engagements financiers en faveur du Plan 2026.
Depuis plusieurs années, le Burkina Faso connaît une crise sécuritaire et une crise humanitaire sans précédent. Face à cette situation, l’Etat, sous le leadership du Capitaine Ibrahim Traoré, avec l’appui de partenaires sincères, s’est engagé à apporter une réponse coordonnée, efficace et fondée sur les principes humanitaires. D’où l’élaboration, à l’issue d’un processus inclusif et concerté, du Plan national de réponse humanitaire (PNRH) 2026.

Selon le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, ministre de la Famille et de la solidarité et présidente du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), le Plan national de réponse humanitaire (PNRH) 2026 est d’un coût total de 769 841 825 700 F CFA et cible 4 474 321 personnes vulnérables, dont 2 236 069 personnes hôtes, 1 294 232 personnes déplacées internes, 902 042 personnes retournées et 41 979 réfugiés.
Le PNRH 2026, a-t-elle poursuivi, ambitionne d’apporter une assistance vitale à plus de 4 millions de personnes prioritaires, à travers une approche coordonnée, inclusive et centrée sur les plus vulnérables.
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« Ses priorités sectorielles s’articulent autour de la sécurité alimentaire et de la nutrition, de la santé, de la protection, de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, de l’éducation en situation d’urgence, ainsi que des abris et articles ménagers essentiels », a-t-elle précisé.
Pélagie Kaboré a aussi souligné que ces secteurs sont interdépendants. « Une réponse fragmentée ou insuffisamment financée dans un domaine compromet l’efficacité globale de l’action humanitaire », a-t-elle fait comprendre.
Plaidoyer de mobilisation financière autour du PNRH 2026
La ministre de la Famille et de la solidarité a en outre indiqué que la mise en œuvre de ces priorités nécessite une mobilisation financière à la hauteur des défis et appelle une mobilisation accrue, coordonnée et innovante des ressources.

D’où l’importance de cette rencontre avec les partenaires humanitaires. « Elle vise à offrir un espace de dialogue, de plaidoyer et de mobilisation autour des besoins identifiés, afin de renforcer notre action collective », a-t-elle fait savoir l’objectif de la rencontre.
Pour la ministre, au-delà des chiffres et des indicateurs, ce sont des vies humaines qui sont en jeu, rappelant ainsi l’objectif du PNRH 2026, « sauver des vies, préserver la dignité humaine et réduire la vulnérabilité des populations affectées par les crises ».

Elle a de fait appelé à l’humanisme de tous. « Chaque engagement, chaque contribution, chaque initiative peut faire la différence entre l’espoir et le désespoir », a-t-elle déclaré.
La présidente du CONASUR a en somme dit ses attentes à l’issue de la rencontre, à savoir une compréhension partagée et approfondie des enjeux humanitaires actuels et à venir ; la mobilisation d’engagements financiers en faveur du Plan 2026 ; le renforcement des appuis techniques, notamment en matière de coordination, de suivi-évaluation et d’innovation.
« Bâtir un avenir où personne n’est laissée pour compte »
Maurice Azonnankpo, coordonnateur résident par intérim des Nations Unies au Burkina Faso et coordonnateur humanitaire, au nom de la communauté humanitaire, a salué le leadership remarquable du gouvernement burkinabè dans la réponse aux besoins des personnes affectées par la crise humanitaire.

Le PNRH 2026 et la stratégie nationale de relèvement, a-t-il affirmé, leur permettent, en tant que partenaires, d’aligner leurs interventions sur les priorités nationales et de garantir que l’aide atteigne les populations les plus vulnérables.
« Les besoins sont immenses », a-t-il aussi reconnu avant de renchérir : « la solidarité nationale et internationale peut transformer les situations les plus critiques ». Le PNRH 2026 et la stratégie nationale de relèvement, a par ailleurs avancé Maurice Azonnankpo, incarnent l’ambition commune des partenaires humanitaires. Celle de « bâtir un avenir où personne n’est laissée pour compte et où l’inclusion est une réalité ».
Tambi Serge Pacôme ZONGO
Burkina 24
Encadré sur les besoins selon la présidente du CONASUR
En matière d’éducation, 1 878 344 enfants sont dans le besoin, dont 1 310 473 enfants non déplacés, 340 700 enfants déplacés et 227 171 enfants retournés. S’agissant de la sécurité alimentaire, plus de 3,5 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Près de 1,3 million d’enfants de moins de cinq ans sont exposés à la malnutrition, dont plusieurs centaines de milliers souffrent de malnutrition aiguë sévère.
Au plan sanitaire, le nombre de personnes dans le besoin en 2026 est estimé à 2 173 703, dont 1 108 396 personnes non déplacées, 644 450 PDI et 420 857 personnes retournées. En matière de protection, 71 % des PDI, 63 % des personnes retournées et 8 % des personnes non déplacées nécessitent une protection générale. Au total, 1 645 247 personnes sont concernées.




