Circulation routière au Burkina Faso : Danger en permanence, l’ONASER toujours en ordre de bataille !

Non-port du casque et de la ceinture de sécurité, défaut de triangle de pré-signalisation ou d’éclairage, non-respect du code de la route. Autant de manquements et de négligences sur nos routes qui se traduisent par autant d’accidents enregistrés avec autant de victimes dénombrées. Déplorable ! La sensibilisation et la répression doivent se poursuivre, et l’Office national de sécurité routière (ONASER) en a fait son cheval de bataille. Jour et nuit, sur les axes routiers et les artères de nos villes, l’incivisme routier est sanctionné. Cette autre police de la route prend également le temps de sensibiliser, comme lors d’une opération dans la région de Tanounnyan, à Niangoloko et à Banfora. Une opération, malheureusement précédée de deux drames la même journée.
Elle a encore frappé ! La grande faucheuse a de nouveau endeuillé des familles sur les Routes nationales (RN) 1 et 7. Madi Yougbaré, 35 ans, quittant la ville de Houndé, pour un village environnant. Et Ibrahim Sampawendé, 42 ans, tentant de regagner la ville de Bobo-Dioulasso, alors qu’il vient de la ville de Banfora. Ce samedi 7 février 2026, en partance pour la Cité du Paysan noir depuis la ville de Ouagadougou, rien ne présageait de ce que nous vivrons de tels drames.
Eh oui, confortablement assis dans le véhicule qui nous conduits à notre destination, les échanges vont bon train entre nous passagers, avec en filigrane de la musique. De temps à autres, l’on ne manque pas de profiter de ce que peut nous offrir notre villégiature de près de 400 km : les hameaux de cultures, la végétation, les animaux en pâture, la nature…
Pendant ce temps, le soleil sortant de son lit, peu à peu, irradie, de ses rayons, la journée et notre chemin. Nous assistons progressivement à ce phénomène, dans la même ambiance.
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Aux encablures de la ville de Houndé, les automobilistes, dont nous, sommes interpellés à environ un kilomètre. Un citoyen lambda, avec un mouvement de la main, demande de ralentir et de suivre un itinéraire temporairement créé.
A mesure que l’on arrive à la hauteur de l’homme, nous finissons par comprendre. Le constat est brutal et choquant. Le corps de Madi Yougbaré est à même le bitume.
Sa face contre l’asphalte, le crâne brisé et le cerveau éclaboussé, coulant tel un liquide. Visiblement notre motocycliste, Madi, ne portait pas de casque sur la tête lors de l’accident.

Tout de suite, les conversations cessent. Un silence s’installe. La désolation se lie sur les visages des passagers que nous sommes. Nous traversons la ville de Houndé pour finalement arriver à Bobo-Dioulasso autour de 15h sans trop s’en rendre compte, tellement dépassés.
Que c’est triste ! Ainsi va la vie, dit-on. Il faut reprendre les esprits avant le nouveau départ de Banfora. Aux alentours de 16h, le cap est mis sur ladite ville. De nouveau à bord, nous tentons d’oublier ce triste événement.
Nous nous laissons donc aller à la musique qui joue et contemplons la belle cité de Sya, que nous traversons. Après une dizaine de minutes, les belles infrastructures et l’ambiance de la circulation de la ville de Bobo-Dioulasso font place à la végétation. « Bon voyage !», une enseigne nous indiquant que nous quittons la ville de Bobo-Dioulasso.
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La musique continue de nous bercer pendant que nous nous engageons à travers cette RN7 avec à ses abords une forte végétation. Les forêts sont de plus en plus denses ici. En circulation, nous rencontrons plus de gros porteurs, des transports en commun et des motocyclistes. Les rayons du soleil diminuent. Le soleil regagne peu à peu son lit. La nuit tombe progressivement. La route est pleine de nids de poule. Il est 17 h presque.
L’état dégradé de la route n’empêche pas certains automobilistes et surtout les motocyclistes, sans casques, de rouler à vive allure. Le risque et la technique pour éviter les nids-de-poule est ahurissant.
Nous restons à les observer depuis notre fenêtre, la ceinture de sécurité bien attachée, et pendant que notre conducteur s’arrache les kilomètres. Les slaloms entre les nids-de-poule s’enchaînent. Dans ce spectacle, nous traversons de nombreux villages. Nous sommes à une vingtaine de kilomètres de la ville de Banfora après une bonne heure de route.

Des engins que nous rencontrons, un pick-up de la Gendarmerie nationale alerte notre attention. A l’arrière du véhicule, des balises de route. La mine du conducteur en dit long. Tout de suite, nous sommes pris d’un mauvais pressentiment.
Malheureusement, à environ 500 mètres plus loin, sur le bas côté de la voie, une motocyclette et le corps d’Ibrahim Sampawendé recouvert d’un pagne. Encore la tristesse et la désolation s’emparent de nous. En l’espace d’une journée, deux accidents mortels. Deux êtres chers arrachés de façon brutale aux siens. Deux communautés en pleurs.
Nous arrivons à Banfora à la nuit quasiment tombée avec ces deux accidents à l’esprit. Autant d’interrogations, autant de pensées nous taraudent l’esprit. Mais le pire est arrivé. Nous ne pouvons que prendre acte et penser à la prévention en sensibilisant sur la nécessité d’utiliser le casque pour les motocyclistes et de faire moins de vitesse en circulation.
Sensibilisation sur les comportements à risque en circulation
Le jour suivant, le dimanche 8 février 2026, nous nous retrouvons à Niangoloko, à environ 80 Km de Banfora pour une sensibilisation sur les comportements à risque en circulation à l’initiative de l’Office national de sécurité routière (ONASER) dans le cadre du prolongement de l’opération « WIBGA », volet sécurité routière.
Il s’agit pour l’ONASER et le commissariat de Police du district de Niangoloko de contrôler la vitesse des véhicules, de vérifier le port obligatoire du casque par les motocyclistes, de contrôler le respect du port de la ceinture de sécurité par les conducteurs et passagers de véhicules. Les contrôles ont lieu sur la Route nationale (RN) 7 et une autre artère de la ville, à proximité du village de Mitierdougou.

Au terme de cette première étape, le Lieutenant de police Moctar Ouédraogo, en service à l’antenne ouest de l’ONASER de Bobo-Dioulasso, fait le point de la demi-journée. Il souligne des motifs de satisfaction, notamment pour ce que les usagers ont bien voulu prêter une oreille attentive au message de sensibilisation qui devrait leur être passé.
Cependant, il déplore plusieurs manquements. « Nous avons remarqué que sur 100 personnes contrôlées, il y a plus d’une cinquantaine de personnes qui n’avaient pas porté de casque. Et cela n’est normal, malgré les multiples campagnes de sensibilisation », avance-t-il.
Le représentant du commissariat de police du district de Niangoloko, le Lieutenant de police Yacouba Bamba, salue la présence de l’ONASER à leur côté ce jour. « Leur appui et leur présence a beaucoup galvanisé les populations à vraiment prendre le message de sensibilisation au sérieux », reconnaît-il.

Ousmane Soma, commerçant à Niangoloko, tout comme son prédécesseur, accueille favorablement la présence de l’ONASER à Niangoloko. « Cette sensibilisation nous va droit au cœur. Soyez les bienvenus à Niangoloko ! », dit-il. Mais avant de clore son propos, il dit avoir une doléance.
Sur autorisation de la délégation de l’ONASER, il déclare : « Nous souhaitons que les casques subventionnés par l’État soient aussi disponibles à Niangoloko et dans les villages environnants ». Sur ces mots, congé est pris des hôtes de Niangoloko. Retour sur la ville de Banfora.
Sortez l’alcootest !
Banfora ! À 19h, l’équipe de l’ONASER se réunit avec une équipe du commissariat central de Police de Banfora. Premièrement, sur une artère de la ville. Deuxièmement, sur la RN7, en direction de la ville de Bobo-Dioulasso. Nous sommes à la fin d’un week-end, dimanche 8 février 2026.
Ici, la mission de contrôle-sensibilisation met plus l’accent sur les cas de conduite sous l’effet de l’alcool. Ainsi, plusieurs tests d’alcoolémie sont réalisés. « Sur 16 véhicules contrôlés, nous avons constaté qu’il y a 4 véhicules dont les conducteurs ont dépassé le seuil autorisé », indique le lieutenant de police Moctar Ouédraogo.

Bassirou Belem, chauffeur pour une structure privée basée dans la sous-région, est de ce lot. Il reconnaît avoir pris de l’alcool. Juste un peu, selon ses mots. Qu’à cela ne tienne, pour l’équipe de contrôle de l’ONASER, il ne peut être excusé, d’autant plus que la quantité d’alcool dans l’organisme est supérieur au seuil autorisé, 0,2g/l de sang.
À lui et aux conducteurs en infraction, le message de l’ONASER est clair : « il ne faut pas consommer d’alcool lorsqu’on veut conduire. Si on a consommé de l’alcool, il faut s’abstenir de conduire parce qu’on peut être exposé à des accidents de la route. L’alcool peut altérer les facultés de réaction », réitère le lieutenant de police Moctar Ouédraogo.

Idrissa Sangaré, technicien de maintenance dans une société de la place, est testé négatif par l’alcootest. Pour lui, cette sortie de l’ONASER est à saluer et à encourager. À ses frères et sœurs, il leur souhaite d’être davantage responsables en circulation pour le bien de tous.

Pour sa part, l’ONASER ne cesse de rappeler que la sécurité routière reste une responsabilité partagée entre divers services en charge de la gestion de cette question, les services d’éducation, ceux d’apprentissage à la conduite mais aussi avec l’usager de la route.
Chaque acteur est interpellé sur sa part de responsabilité car les données d’accidents sont assez éloquentes. Entre 2020 et 2025, le Burkina Faso a enregistré une moyenne d’environ 23 107 accidents de la route par an, causant près de 1 091 décès annuellement. En 2025, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) a recensé 15 614 accidents avec 345 décès, la majorité impliquant des motos (72%) et des jeunes de moins de 30 ans.

La sécurité routière n’est pas une option. Porter un casque, attacher sa ceinture de sécurité, réduire sa vitesse et s’abstenir de conduire après avoir consommé de l’alcool. Autant de gestes, en apparence simples, mais qui peuvent sauver des vies. La route ne pardonne pas. À nous de choisir la prudence. À bon entendeur, l’ONASER vous salue !
N.B. : Les noms des deux victimes sont des noms d’emprunt.
Bassirou Belem, contrevenant, est aussi un nom d’emprunt.
Tambi Serge Pacôme ZONGO
Burkina 24




