Panzani : Le cinéma au service des droits des femmes et du dialogue communautaire
Le dimanche soir 22 mars 2026, le quartier Panzani de Ouagadougou a accueilli une soirée de projections-débats sur les droits des femmes. Organisée par l’association Taafé Vision avec le soutien de l’Union européenne, cette activité a réuni les habitants et les leaders coutumiers pour dire non aux violences basées sur le genre.
Dans le cadre du mois de mars, dédié aux droits des femmes, le quartier Panzani a vibré au rythme du 7e art.
L’objectif de cette rencontre était d’utiliser le cinéma comme un miroir pour sensibiliser les populations sur les violences faites aux femmes et aux filles.

Trois courts-métrages ont été projetés : Manipulation de Assita Soma, Le Poids du déshonneur de Maïmouna Lengué-Lengué et À tout prix de Maïmouna Ouédraogo. Ces films abordent des thèmes sensibles comme l’autonomisation, les violences conjugales et l’excision.

Présent pour soutenir l’initiative, le leader coutumier a rappelé que la protection des femmes est inscrite dans les valeurs ancestrales. Il a fermement condamné ceux qui utilisent la coutume pour justifier la violence.
« La tradition n’a pas dit qu’on peut frapper les femmes, ça c’est faux. Pour être chef, on s’engage à prendre soin des personnes vulnérables, surtout les femmes et les enfants. Celui qui maltraite la femme, nous-mêmes les chefs ne serons pas d’accord avec cette personne », a-t-il affirmé.

Pour l’association Taafé Vision, ces projections ne sont pas de simples divertissements. Elles visent à provoquer une prise de conscience collective. La présidente de l’association, Azaratou Bancé, a insisté sur le fait que ces histoires, bien que fictives, sont tirées de faits réels vécus au Burkina Faso.

« Nous voulons que lorsqu’on quitte ici ce soir, l’on s’engage, aussi bien personnellement qu’au niveau de la communauté, à ce que ce que nous verrons dans les films n’arrive plus à aucune femme », a-t-elle expliqué.
Le représentant de l’Union européenne, Robert Adam, chargé d’ affaire à la Délégation de l’Union européenne au Burkina Faso a également salué cette approche qui permet aux femmes de raconter leurs propres histoires.
Selon lui, le soutien à des structures comme Taafé Vision est essentiel pour atteindre l’égalité des chances.

Le public, composé de nombreuses femmes et d’étudiants, a activement participé aux débats. Bikienga Roufiatou, étudiante à l’institut 2iE, est repartie avec une détermination nouvelle.

« Je retiens que l’excision est une chose à bannir. Je m’engage désormais à parler autour de moi des conséquences de l’excision, à inviter mes sœurs et mes mamans à délaisser cette pratique », s’est-elle engagée.
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Akim KY
Burkina 24




