Éducation des filles : A Dédougou, le projet SWEDD+ lance l’offensive pour briser les barrières

Une nouvelle dynamique pour l’éducation des filles dans la région des Bankui. Le ministère de la Santé, à travers le Projet d’Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique en Afrique subsaharienne Plus (SWEDD+), a procédé, le samedi 18 avril 2025 à Dédougou, chef-lieu de la région des Bankui, au lancement officiel de la campagne de communication « Kom-Pugli Kaoreng Yõodo » pour la scolarisation et le maintien des filles à l’école. Cette campagne s’accompagne de prestations gratuites de soins de santé, notamment le dépistage du VIH, des hépatites et du cancer du col de l’utérus.

« Kom-Pugli Kaoreng Yõodo », expression en langue mooré signifiant la promotion de la scolarisation, du maintien et de la réussite, s’inscrit dans le cadre de la composante 1.1 du projet SWEDD+. Ainsi, le projet lance l’offensive pour la scolarisation et surtout le maintien des filles à l’école dans la région des Bankui, où la problématique demeure persistante.

Selon le chef du projet SWEDD+, Salam Belem, cette campagne constitue une opportunité de changer les mentalités et d’encourager des comportements favorables à l’éducation des filles, à leur maintien et à leur réussite scolaire.

Salam Belem, chef du projet SWEDD+
Salam Belem, chef du projet SWEDD+

« Notre engagement est d’accentuer les actions avec tous les acteurs concernés notamment les familles, les communautés, les autorités locales, les conseils des écoles et les partenaires au développement. Ensemble, nous pouvons transformer les défis en opportunités en créant un environnement où chaque fille peut s’épanouir, apprendre et réalisé ses rêves », a-t-il mentionné.

Il a fait remarquer que le droit des filles à l’école n’est pas seulement une obligation légale, mais un impératif moral. « L’éducation est un moteur essentiel de la transformation de nos sociétés, elle est le levier sur lequel repose la réduction de la mortalité, la lutte contre la pauvreté, une croissance économique soutenable », a-t-il relevé.

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Salam Belem a rappelé que l’un des objectifs du projet SWEDD+ est de promouvoir des actions de communication pour le changement social et de comportement.

« La campagne que nous lançons aujourd’hui fait partie de ces actions qui visent un changement profond et de qualité de comportements en faveur de l’éducation de la jeunesse fille », a-t-il dit.

La salle polyvalente de Dédougou était archicomble
La salle polyvalente de Dédougou était archicomble

À l’issue de la campagne, le projet compte toucher au moins 500 leaders coutumiers et religieux afin de susciter leur engagement pour qu’ils deviennent les premiers défenseurs de l’éducation des filles. « Toucher également 25 000 personnes dont 10 000 jeunes sur l’importance de la réussite scolaire et former plus de 117 000 personnes sur les dispositifs existants financés par le projet SWEDD+ en faveur des élèves », a-t-il poursuivi.

Le coordonnateur du projet SWEDD+, Dr Michel Ouoba, a confié que l’objectif de cette campagne se résume en deux mots : scolariser les filles et les maintenir à l’école. « Il faut de ce fait, une forte campagne de sensibilisation auprès des leaders de toutes les couches, les religieux surtout qui sont en contact avec la masse, ça permet de toucher jusqu’au dernier kilomètre », a-t-il indiqué.

Dr Michel Ouoba coordonnateur du projet
Dr Michel Ouoba coordonnateur du projet

Concernant le fait que le ministère de la Santé soit à la tête d’un projet éducatif, Dr Ouoba a précisé qu’il s’agit d’un projet multisectoriel dont le lead est assuré par ce département.

Le représentant du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) au Burkina, Yves Sassenrath, a fait savoir que ce projet met un accent particulier sur les filles et les femmes dans la société, en lien avec le concept de dividende démographique, la croissance et la participation à la prospérité nationale. La mise en œuvre du projet a connu un léger retard, selon lui, en raison de son alignement avec la vision des autorités burkinabè.

Le représentant du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) au Burkina, Yves Sassenrath
Le représentant du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) au Burkina, Yves Sassenrath

« Il faut reconnaître que le Burkina Faso a fait des progrès dans l’éducation des filles, on a des chiffres qui sont encourageant au niveau du primaire, il faut encore faire un grand effort dans le secondaire, c’est là où justement cette campagne est très importante, on sait notamment que les filles quand elles rentrent en puberté, elles deviennent des personnes qui peuvent porter des enfants, c’est là qu’il y a beaucoup d’obstacles qui se posent parfois dans la vie d’une fille pour qu’elle puisse rester à l’école », a-t-il interpellé.

Maimouna Sanon, directrice de la promotion de la santé, de l’éducation inclusive et du genre a indiqué que le développement durable ne repose pas uniquement sur les infrastructures ou les ressources, mais surtout sur les comportements, les mentalités et les choix quotidiens « que nous faisons en tant qu’individus ou en tant que communautés ».

« C’est pourquoi, l’éducation est un des piliers de la construction de cette mémoire collective. À cet effet, l’éducation des filles n’est pas seulement un droit fondamental mais aussi le moteur de notre développement. Cependant, au Burkina Faso, des barrières persistent.

Le choix des régions des Bankui, du Sourou et  du Nakambé n’est pas fortuite pour la campagne car les indicateurs sont peu reluisants par rapport à l’ensemble du pays », a-t-elle affirmé.
Elle a confié que le taux brut de scolarisation des filles reste préoccupant. « Il est de 36% pour les Bankui et le Sourou, et 32% pour le Nakambé contre une moyenne nationale de 46% », a-t-elle révélé.

Maimouna Sanon, directrice de la promotion de la santé, de l'éducation inclusive et du genre
Maimouna Sanon, directrice de la promotion de la santé, de l’éducation inclusive et du genre

Les pesanteurs socioculturelles, les défis sécuritaires et la maternité précoce, avec plus de 610 cas dans les deux régions en 2025, figurent parmi les principales causes qui brisent les rêves des filles et les poussent à l’abandon scolaire. Pour elle, ce constat est interpellateur et démontre l’urgence d’agir pour lever les barrières à l’éducation des filles.

En rappel, le projet SWEDD+ intervient au Mali, Sénégal, Togo, Tchad, la Gambie, la Mauritanie et le Burkina Faso. Au pays des Hommes intègres, ce projet s’exécute dans 13 régions du pays.

W.S

Burkina 24

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