Burkina Faso : Commémoration de la journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale

Le Centre Médical Renaissance a servi de cadre le samedi 23 mai 2026 à Ouagadougou, à la commémoration de la journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale. Placée sous le thème « Sa santé est un droit : investissons pour mettre fin aux fistules et aux lésions liées à l’accouchement », cette commémoration vise à redonner dignité et espoir à des milliers de femmes. 

Dr Itengré Ouédraogo, chirurgien spécialisé en chirurgie de la fistule obstétricale et président de l’association renaissance (ARENA), a rendu un hommage aux mères et filles qui « vivent chaque jour le poids de la honte et de l’isolement dans une société déjà fort évoluée, qui pourtant peine à leur offrir les droits fondamentaux aux soins de santé ».

Dr Itengré Ouédraogo, chirurgien spécialisé en chirurgie de la fistule obstétricale et président de l’association renaissance (ARENA),

Pour illustrer la résilience des survivantes, il a partagé l’histoire d’une sexagénaire. « Il y a quelques mois, nous avons reçu une maman sexagénaire qui a vécu plus de 20 ans avec la fistule obstétricale sans avoir de traitement. Ce n’était pas son choix, mais une résilience.

Une résilience à vivre une vingtaine d’années d’isolement et de souffrance, une vingtaine d’années où la succession des jours ne réduisait en rien son horizon d’espoir de guérison », a expliqué Dr Itengré Ouédraogo.

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Fort heureusement, a-t-il poursuivi, la sexagénaire a vécu assez longtemps pour avoir accès aux soins et « reprendre le goût à la vie ». Le thème de cette année est bien plus interpellateur, d’autant plus que la fistule a été reconnue, selon le spécialiste en chirurgie de la fistule obstétricale, comme une violation des droits humains fondée sur les inégalités d’accès aux soins de santé.

« Les droits des femmes à la santé et au bien-être doivent rester non négociables », a fait entendre Dr Itengré Ouédraogo. A cet effet, l’ARENA a déjà accompagné plusieurs femmes contre cette maladie, mais aussi favoriser leurs réinsertions dans la société et dans la vie active grâce à des programmes de formations.

Dr Ouédraogo remettant un kit à une survivante de la fistule obstrétricale

Fetewi Sem, représentant l’ambassadeur d’Allemagne eu Burkina Faso, a confié avoir découvert la fistule obstétricale que récemment. « Avant de rencontrer le docteur Ouédraogo, je connaissais très peu cette maladie. Personne à notre ambassade ne connaissait le centre médical.

C’est grâce leur initiative que le contact a été formé », a-t-il expliqué. Dans le but d’apporter leur contribution dans la lutte contre cette maladie, la représentation diplomatique au Burkina Faso a décidé d’apporter un soutien financier au centre médical renaissance afin d’acquérir du matériel.  

Marou Yaméogo, président de la délégation spéciale de l’arrondissement 11 de Ouagadougou, a rappelé que la fistule obstétricale entraine « fuites urinaires, souffrances psychologiques, isolement social et parfois la répudiation familiale ».

Pour lui, cette maladie est évitable et traitable. « Notre engagement ne doit pas se limiter au traitement chirurgical, mais porter sur la prévention : accès aux soins de qualité », a-t-il indiqué.

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