Présidence, pétrole et pouvoir : « Une femme à Kosyam » investit le Ciné Burkina du 11 au 14 juin

Le lancement de la diffusion en salle de la série « Une femme à Kosyam » a eu lieu ce mardi soir au Ciné Burkina. Jusqu’au 14 juin, les cinéphiles peuvent découvrir ce récit sur les coulisses du pouvoir et les enjeux économiques du pays. Plus qu’une simple œuvre de fiction, ce projet porté par le réalisateur Serge Armel Sawadogo se présente comme un outil de valorisation du patrimoine et de l’imaginaire burkinabè.
La série, réalisée par Serge Armel Sawadogo, plonge les spectateurs dans le quotidien de Suzanne, une femme d’affaires de 50 ans devenue la première présidente du pays.
Son accession au pouvoir est toutefois bouleversée par la découverte d’un important gisement de pétrole, mettant en lumière des tensions entre gestion souveraine des ressources et pressions des multinationales.

Pour le réalisateur, Serge Armel Sawadogo, ce projet est avant tout une réflexion citoyenne. « Une femme à Kosyam, c’est une réflexion sur comment le Burkina ou les pays africains pourraient gérer au mieux les matières premières. Il y a la question de la femme au pouvoir, mais ça reste une série sur comment faire pour que les multinationales ne puissent pas venir s’accaparer de nos biens» a-t-il expliqué.

Du côté des acteurs, Prosper Kampaoré, qui interprète le père de la Présidente, salue la qualité du scénario. « Je retiens d’abord la qualité du scénario, la pertinence de la thématique. C’est un film qui nous fait penser à des situations que nous connaissons», a-t-il confié a sortie de la salle.

Le Ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a également soutenu cette initiative. Pour son représentant, Jean Baptiste Ouédraogo, chargé de mission, ce film s’inscrit dans une volonté de redynamiser l’industrie cinématographique nationale. « Donner un franc au cinéma burkinabè, c’est de l’argent qui circule. Le cinéma est un écosystème qui se veut autonome. Il faut créer un marché local, un marché national », a-t-il affirmé.

Georgette Paré, l’actrice principale, a souligné quant à elle la dimension symbolique de son rôle. « Incarner la présidente du Faso, c’est une lourde responsabilité. C’est une fierté pour moi, et j’ai compris tout de suite que j’avais un message à faire passer. La problématique de la femme est toujours d’actualité », a-t-elle témoigné.

Ce projet ambitionne non seulement de divertir, mais aussi de susciter des débats sur la souveraineté et l’émancipation. Les séances sont programmées au Ciné Burkina du 11 au 14 juin, avec des projections à 18h30, 20h30 et 22h30. Une version courte de 1h20 a été préparée pour le grand écran, et des discussions sont en cours pour une future diffusion sur la télévision nationale (RTB).

À travers cette œuvre, Serge Armel Sawadogo du secteur espèrent réconcilier le public burkinabè avec les salles de cinéma, tout en valorisant des récits qui résonnent avec les réalités locales.
Akim KY
Burkina 24




