Cinéma : L’ASCRIC-B échange sur l’apport artistique de l’ingénieur du son

L’Association des Critiques de Cinéma du Burkina (ASCRIC-B) a tenu la deuxième séance de son programme de rencontres professionnelles, dénommé « Les B2B », le samedi 18 avril 2026 à Ouagadougou. La rencontre, qui s’est déroulée à l’Institut Supérieur de l’Image et du Son (ISIS-SE), a réuni des professionnels, des critiques et des étudiants autour de l’invité spécial Halassane Sanfo, ingénieur du son de cinéma. Les échanges ont porté sur l’apport artistique du son dans la création filmique, ainsi que sur les opportunités et les contraintes structurelles liées à l’exercice de cette profession.
L’expert a introduit la séance par une communication intitulée « Esthétique du son dans la narration filmique ». Il a défini le métier comme un travail de précision consistant à enregistrer les dialogues, les ambiances et les bruitages directement sur le plateau de tournage.

Halassane Sanfo a précisé que cette étape de captation est complétée par la phase de post-production, qui englobe le montage sonore et le mixage.
C’est durant cette période charnière que s’effectuent les traitements, les corrections acoustiques et l’ajout d’effets sonores destinés à renforcer la qualité technique et la cohérence du récit.

L’intervenant a souligné que la profession ne se limite pas à la maîtrise technique des matériels et des logiciels. Selon lui, l’ingénieur du son doit mobiliser une sensibilité artistique et une créativité certaine afin de traduire en sons la vision du réalisateur. Le son est ici présenté comme un outil narratif capable de véhiculer des émotions au même titre que l’image.
Toutefois, sollicité par Dre Palm/Sanou Valentine sur la rentabilité de cette carrière au Burkina Faso, l’expert a reconnu que la situation demeure complexe pour les techniciens. Il a expliqué qu’il est difficile de vivre exclusivement de ce métier dans un environnement où l’industrie cinématographique est encore en phase de structuration économique.

Un autre défi majeur réside dans la formation continue. En raison de l’évolution technologique rapide, un recyclage fréquent est indispensable pour maîtriser les nouveaux équipements et les standards numériques.
S’adressant aux jeunes aspirants, Halassane Sanfo a insisté sur l’importance de la passion et de la persévérance. Pour ceux n’ayant pas un accès immédiat aux écoles spécialisées, il a suggéré l’alternative du compagnonnage, en contactant directement des professionnels avec sincérité et honnêteté pour apprendre sur le terrain.

Cette rencontre marque l’Acte II des activités de l’ASCRIC-B pour l’année 2026, après une première session consacrée à la direction de la photographie le 11 avril dernier, confirmant ainsi la volonté de l’association de créer des ponts entre critique et technique.
Daouda ZONGO (Stagiaire)
Burkina 24




