Cuba : Le Parti communiste amorce une ouverture historique vers l’économie de marché

Le Parti communiste cubain (PCC) a approuvé mercredi 17 juin 2026 un ensemble de réformes économiques et sociales visant à renforcer l’ouverture de l’île à l’économie de marché, dans un contexte de crise économique aiguë et de fortes tensions avec les États-Unis, rapporte La Presse Ca.
Réuni en session plénière extraordinaire, le comité central du PCC a validé une vingtaine de propositions destinées à élargir la place du secteur privé, attirer davantage d’investissements étrangers et réduire le poids de l’État dans l’économie, selon la télévision publique.
Ces mesures doivent encore être soumises à l’approbation de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, qui se réunira en session extraordinaire dans les prochains jours. Ces réformes interviennent alors que Cuba traverse une crise économique profonde, aggravée par les sanctions américaines et les restrictions sur les importations énergétiques.
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Dans ce contexte, l’ancien président Raúl Castro a apporté son soutien au projet de réformes, les qualifiant de mesures « les plus adaptées à la situation actuelle de la Révolution », selon une lettre lue lors de la réunion du Parti.
Bien qu’il n’occupe plus de fonction officielle, Raúl Castro demeure une figure influente du régime cubain.
Une ouverture encadrée du secteur privé
Le gouvernement cubain entend élargir progressivement les secteurs ouverts aux entreprises privées, encourager la participation des Cubains de la diaspora et faciliter les investissements étrangers.
Selon les autorités, cette stratégie vise à atténuer les effets de la crise économique, marquée par des pénuries persistantes de carburant, de nourriture, de médicaments et des coupures d’électricité récurrentes.

Le Premier ministre Manuel Marrero a toutefois assuré que ces réformes « n’impliquent en aucun cas un abandon de la responsabilité sociale de l’État ».
Depuis 2021, les entreprises privées sont autorisées à Cuba dans une certaine limite, avec un plafond de 100 employés. Elles sont aujourd’hui environ 10 000 et occupent une place croissante dans l’économie nationale.
Une économie sous pression américaine
L’administration américaine, sous la présidence de Donald Trump, a renforcé ces derniers mois les sanctions contre l’île, notamment à travers un embargo pétrolier qui a aggravé la crise énergétique.
Washington maintient sa volonté de pousser vers une transformation du modèle économique cubain, voire politique, dans un contexte de relations toujours tendues entre les deux pays.
Vers une restructuration de l’État cubain
Dans le cadre des réformes, le président Miguel Díaz-Canel a également évoqué une restructuration de l’appareil d’État, incluant une réduction du nombre de ministères et de fonctionnaires.
Le gouvernement prévoit en outre d’élargir les conditions d’accès aux investisseurs cubains de la diaspora, qui pourraient bénéficier d’un traitement similaire à celui des investisseurs étrangers.




