Déclaration du secteur F-SYNTER de Gourcy sur l’organisation des examens scolaires dans la province du Zondoma
Ceci est une déclaration de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-SYNTER), secteur de Gourcy, sur l’organisation des examens scolaires dans la province du Zondoma.
Par la présente, le Secteur F-SYNTER de Gourcy aimerait attirer l’attention des autorités éducatives et de l’opinion nationale sur la situation préoccupante qui prévaut dans le Zondoma en lien avec l’organisation des examens scolaires.
Cette situation préoccupante résulte de pratiques de la Direction Provinciale ayant des répercussions sur l’engagement et le dévouement des acteurs de l’éducation, sur la vie socioprofessionnelle des personnels de l’éducation, sur la confiance de l’administré à l’égard de l’administration éducative de la province et de l’administration en générale, enfin, sur le sérieux et la rigueur dans l’organisation des examens scolaires.
Avant tout, le Secteur salue le sacrifice et l’engagement renouvelé des personnels de l’éducation qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes durant l’année scolaire et sont toujours sur pied pour un plein succès des examens scolaires. Nous sommes également solidaires de toutes les couches sociales et professionnelles de notre pays (FDS, VDP, paysans, secteur informel…) qui font preuve d’une résilience digne de l’histoire de lutte de nos devanciers et qui continuent de se battre. C’est grâce à la symbiose de toutes ces actions que notre pays n’a jamais courbé l’échine devant les épreuves.
Cher.e.s camarades,
à sa demande, le Secteur F-SYNTER a eu sa première audience sur l’organisation des examens scolaires le 29 Avril 2026. Elle portait sur le choix des sièges de jurys du baccalauréat. De fait, c’était à la surprise totale des acteurs de l’éducation de la province et du Secteur que nous avons constaté que le second plus grand lycée du Zondoma, le Lycée Municipal de Gourcy (LMG), a été écarté au profit du lycée privé Béthel. La Direction Provinciale dit s’être référée à trois raisons notamment l’accessibilité du lycée Municipal de Gourcy, le fait qu’il serait excentré et l’absence de clôture.
Cependant, à notre question de savoir si ces raisons ont été une fois avancées comme limites objectives ou handicaps durant la douzaine d’années où le lycée a été siège de jury le chef du Service des Examens et Concours et de la Certification ( SECC) dit ne pas en être informé. Pour nos responsables provinciaux, la décision ne viendrait pas de la Direction Provinciale mais de la Direction Régionale. Le chef SECC insistera sur le fait que la responsable régionale des examens et concours avait même disponibilisé son numéro pour tout besoin d’explication.
Au niveau du Secteur, nous avons tenu d’emblée à rappeler que tenant compte des critères qu’eux-mêmes ont établis, le lycée privé désigné ne remplissait ni la condition de clôture ni les conditions de confort et de sécurité plus que certains lycées de la ville. Pour preuve, aux sessions de 2024 et de 2025 du BEPC, les épreuves sportives avaient été délocalisées successivement au Lycée Provincial du Zondoma (LPZ) et au Lycée Privé Saint Henri de Osso au vu de l’état défectueux du terrain du lycée privé Béthel. A l’examen du Bac c’était des soucis de reprographie qui y ont été constatés.
Le Secteur est également parvenu à la conclusion que les raisons qui ont prévalu au retrait ne tiennent pas et sont fallacieuses. Cette décision, en plus d’être un mépris aux efforts du personnel dudit lycée, jetait un doute légitime sur la suite de l’organisation des examens scolaires ( BEPC , BAC) au vu des raisons non convaincantes et ambiguës qui ont justifié le retrait du siège du jury au LMG.
Enfin, nous avons dénoncé le mépris de l’administration provinciale face aux mouvements d’humeur du personnel du LMG. Lequel mépris a conduit à une rupture de confiance qui a justifié que le personnel du Lycée Municipal se déplace à plus de 45 km, à Ouahigouya, pour exposer sa préoccupation à la Direction régionale.
C’est donc sans surprise et avec des interrogations sur la cohérence et la responsabilité collective de l’administration qu’à la rencontre du personnel du LMG avec le Directeur Régional, le mercredi 13 Mai 2026, nous apprenons que la Direction Régionale n’avait jamais évoqué ces raisons et invitait à « ne pas considérer ces trois raisons ». La Direction Régionale se serait fondée sur la parité “public-privé.” Quelle cohérence et quelle responsabilité collective notre administration régionale renvoie à ses administrés si elle jette par dessus bord le discours de sa représentation provinciale qu’elle est censée être la garante et nullement étrangère ?
Ce ping-pong et ce désaveu administratifs qui nous ont été servis sur les raisons qui ont prévalu aux choix des sièges de jurys amènent à rappeler à notre administration Régionale et Provinciale que « L’éducation est quelque chose de tellement sérieux qu’on ne peut pas la confier à des aventuriers », comme le soulignait, Souleymane Badiel, SG de la F-SYNTER en 2020.
Cher.e.s camarades,
malheureusement, le doute sur le sérieux, la rigueur et la transparence dans la suite de l’organisation des examens scolaires que nous évoquions à l’issue de l’audience du 29 avril dernier se sont confirmés dans le choix des correcteurs au BEPC.
En effet, les éléments suivants illustrent nos propos:
. dans la province, il y a un enseignant qui cumule six années sans convocation au BEPC notamment SORE Abdouramane du Lycée Communal de Gourcy;
. depuis également six années consécutives, le CEG de Gourcy n’a jamais eu de convocation de correcteur en Sciences de la Vie et de la Terre (SVT). D’ailleurs, l’enseignant CONGO Mahamadi qui a tenu les deux classes de 3e durant l’année scolaire 2025-2026 cumule quatre années sans convocation au BEPC pendant qu’on parle de rotation dans le choix des acteurs. Et nombreux sont les enseignants qui cumulent quatre à trois années sans convocation à l’examen du BEPC;
. pire, sur le prétexte de » galvaniser les enseignants qui ont enseigné l’ Education Civique ( EC) » , mot du Directeur Provincial, la Direction Provinciale du Zondoma semble avoir inventé ses propres critères de convocation sur fond de règlements de compte ou de punition administrative et de récompense. En effet, au troisième Conseil de Direction tenu le 29 mai 2026, le Service des Examens et Concours avait indiqué que le principe de rotation établi avec les partenaires sociaux et les techniciens , ne s’appliquera pas aux enseignants d’Histoire-Géographie qui n’auraient pas dispensé les cours d’Education Civique (EC).
Pour le Directeur provincial himself, lors de l’audience du 1er juin 2026 , cette décision viendrait des autorités politiques car dit-il, il faut »respecter les instructions ».
Mais comment croire à l’argument de »respecter les instructions » si on se rappelle que sur le sujet des sièges de jurys l’administration nous avait servi ce même argument?
Pour la F-SYNTER, nous pensions que cette triste célèbre affaire de convocation-sanction dans notre ministère relevait d’une autre époque.
Le Secteur F-SYNTER de Gourcy prend donc à témoin les autorités éducatives nationales et l’opinion publique sur de telles dérives. Car de constat, il semble que ce critère n’a pas guidé officiellement le choix des acteurs dans les autres provinces de Yaadga et dans les autres régions. Il est inconcevable qu’une Direction provinciale ou Régionale aussi zélée soit-elle, parce qu’elle estime avoir un rapport de force, puisse fixer ses propres critères dans l’organisation d’un examen national.
Le Secteur F-SYNTER de Gourcy tient également à prendre le Ministre de l’enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique, Monsieur Moumouni ZOUNGRANA à témoin et face à sa parole, car faisant un point sur sa tournée dans la région de Yaadga, le média en ligne BURKINA 24 écrivait ce qui suit le 18 avril 2026 sur sa page Facebook : « Concernant les examens scolaires de la session 2026, il a instruit les Directeurs de veiller à l’équité et à la justice dans le choix des acteurs ». Alors, ce critère établi par la Direction Provinciale n’est ni juste, ni équitable.
En effet, cette décision de la Direction Provinciale qui émanerait d’une »instruction » est une remise en cause du discours du Ministre voire une défiance.
Rappelons aussi, pour l’opinion, que l’Education Civique même si elle est inscrite dans le programme de la classe de 3ē ne fait pas partie des épreuves administrées au BEPC. Du reste, les enseignants d’Histoire- Géographie et de Français/Histoire-Géographie sont convoqués pour corriger en Histoire-Géographie et non en Éducation Civique. Alors ce critère se fonde sur tout sauf un des critères pédagogiques , professionnels et du bon sens.
Aussi, une telle pratique est susceptible de conduire à la méfiance entre personnels de l’éducation dans leur vie socioprofessionnelle et est un facteur de démotivation des enseignants qui font déjà plus que ce qu’on leur demande en classe d’examen. Enfin, quel rapport l’administration veut construire avec ses agents, pas seulement les enseignants d’Histoire-Géographie ( car ce qui leur arrive peut arriver à tous) avec une telle pratique?
Enfin, cette décision ne peut favoriser un dialogue fructueux entre les autorités éducatives et les enseignants d’Histoire- Géographie dans la recherche de solutions sur la question de l’enseignement de l’Education Civique.
Il faut donc reconsidérer une telle décision de la Direction provinciale ou de ceux qui en sont les instigateurs pour sauver le peu de confiance qui pourrait encore exister. En tout état de cause, la Direction provinciale, avec de telles pratiques, sera seule responsable d’une éventuelle détérioration du climat social les jours à venir.
Pour le Secteur F-SYNTER de Gourcy, l’organisation sérieuse et rigoureuse dans la justice et l’équité des examens scolaires nous engage tous, l’administration au premier plan. Nous avons aussi la conviction qu’un climat apaisé de travail sur fond de respect des agents et de dialogue fructueux est nécessaire pour le bon fonctionnement du système éducatif.
LE SECTEUR F-SYNTER DE GOURCY
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