Tribune | « Drépanocytose au Burkina : Et si le souffle était notre bouclier invisible ? » (KI Siékoudouin Elijah Aline)
Ceci est une tribune de KI Siékoudouin Elijah Aline, citoyenne proche de patients drépanocytaires, sur l’actualité sanitaire.
Au Burkina Faso, prononcer le mot « drépanocytose » évoque immédiatement une réalité douloureuse : les nuits passées à l’hôpital, les crises répétées, les perfusions qui s’enchaînent et le poids financier des traitements pour les familles.
Pourtant, la lutte contre cette maladie ne se joue pas uniquement dans l’urgence médicale. Elle cache une autre réalité, souvent invisible mais tout aussi importante : la détresse psychologique, l’anxiété et le stress permanent vécus par les patients et leurs proches.
Quand Ouagadougou pousse les corps et les esprits à bout
Vivre avec la drépanocytose à Ouagadougou, c’est souvent imposer à son organisme un véritable défi quotidien. Le bruit incessant de la circulation, la chaleur des saisons sèches, la fatigue, les préoccupations financières et l’incertitude liée à la maladie peuvent exercer une pression constante sur le corps et l’esprit.
La recherche médicale montre que le stress chronique et l’épuisement émotionnel peuvent avoir des répercussions sur l’organisme. Chez les personnes vivant avec la drépanocytose, ces facteurs peuvent contribuer à fragiliser davantage un équilibre déjà précaire.
Sans être la seule cause des crises vaso-occlusives, le stress peut participer à l’apparition ou à l’aggravation de certains facteurs déclenchants. Ainsi, prendre soin de sa santé mentale n’est pas un luxe : c’est une composante essentielle du bien-être global du patient.
Le pouvoir du calme et de l’oxygène : une prévention accessible à tous
Face à des traitements parfois coûteux et à des ressources limitées, il est nécessaire d’explorer toutes les approches complémentaires permettant d’améliorer la qualité de vie des patients.
Des pratiques simples, gratuites et accessibles à tous, telles que la respiration profonde, les exercices de relaxation, les étirements doux, la méditation ou encore des périodes régulières de repos, peuvent aider à réduire le stress et favoriser un meilleur équilibre émotionnel. Bien qu’elles ne remplacent en aucun cas les traitements médicaux, elles peuvent contribuer à mieux gérer l’anxiété et à renforcer le bien-être quotidien.
S’accorder des moments de récupération, rechercher un environnement calme lorsque cela est possible et apprendre à mieux gérer les tensions du quotidien constituent des habitudes bénéfiques pour de nombreuses personnes vivant avec la drépanocytose.
Il ne s’agit évidemment pas de remplacer le suivi médical, l’hydratation, les traitements prescrits ou les consultations indispensables. Il s’agit plutôt de donner aux patients des outils supplémentaires pour participer activement à la préservation de leur santé physique et mentale.
Changer notre regard : la santé mentale au cœur du combat
Le regard porté sur la drépanocytose au Burkina Faso doit évoluer. Sensibiliser au dépistage et améliorer l’accès aux soins restent des priorités majeures. Cependant, il est également urgent d’intégrer davantage la santé mentale, l’accompagnement psychologique et le soutien social dans la prise en charge des malades.
Parler de la drépanocytose, c’est aussi parler de la peur des crises, de l’isolement, du rejet, des difficultés scolaires ou professionnelles et de la stigmatisation que subissent encore de nombreuses personnes.
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Nos frères, nos sœurs et nos enfants qui vivent avec cette maladie ne sont pas condamnés à voir leur vie définie par leurs hospitalisations. Ce sont des citoyens à part entière, capables d’étudier, de travailler, d’entreprendre et de contribuer pleinement au développement de notre pays, à condition que nous leur offrions davantage de compréhension, de soutien et d’opportunités.
La lutte contre la drépanocytose ne se limite pas aux médicaments. Elle passe aussi par l’écoute, la solidarité, la prévention et la promotion du bien-être mental. Parce qu’un esprit apaisé ne guérit pas la maladie, mais peut aider à mieux vivre avec elle.
KI Siékoudouin Elijah Aline
Titulaire d’une licence en Management de projets
Porteuse du gène S (AS) et proche de patients drépanocytaires
Contact : +226 65 04 93 34




