Bâtir la souveraineté par l’entreprise : Le pari des dirigeants africains

En marge de l’Assemblée Générale de l’UNIAPAC Afrique, le Forum économique du dirigeant chrétien d’entreprise a ouvert ses portes le jeudi 26 février 2026. Cette édition se fixe une mission ambitieuse : ériger l’entreprise africaine en pilier stratégique de la transformation économique, de la souveraineté productive et de la cohésion sociale, le tout sous le prisme de la responsabilité éthique et du bien commun.
Le ton a été donné dès la conférence inaugurale, centrée sur une thématique d’actualité : « De la dépendance à la souveraineté : Bâtir des modèles économiques africains durables et résilients ».
Un panel d’experts chevronnés a passé au crible les défis et les opportunités liés à l’autonomie du continent, en s’appuyant notamment sur l’exemple concret du Burkina Faso.
Lire aussi 👉Souveraineté alimentaire : Le ministère en charge de l’agriculture présente le plan « Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 »
Hamado Kabré, panéliste a rappelé l’urgence qui a prévalu à la genèse du plan opérationnel 2023. Face à une insécurité alimentaire persistante malgré d’importantes ressources, les autorités burkinabè ont opéré un changement de paradigme.
Pour assurer l’autosuffisance alimentaire, un ambitieux plan de transformation agricole a été dévoilé. Il repose sur cinq piliers essentiels, selon lui, le maïs, la pomme de terre, le maraîchage, la production halieutique et l’aviculture. « Ces filières ont été choisies pour leur importance capitale dans l’assiette du Burkinabè. Nous visons le zéro importation en satisfaisant l’intégralité de la demande nationale », a-t-il affirmé.
Pour Denis Ouédraogo, ancien ministre de l’Agriculture, et paneliste, la souveraineté ne peut se concevoir sans une production respectueuse des normes environnementales. « La production est un élément essentiel. si on ne produit pas, on ne mange pas et on ne transforme pas », a-t-il martelé.
Toutefois, le défi ne s’arrête pas à la récolte, et l’ancien ministre a mis en lumière deux points de vigilance majeurs pour l’avenir des modèles agricoles africains. Il a d’abord souligné l’enjeu de l’innovation technique, notant que malgré les efforts fournis pour améliorer la qualité des semences au Burkina Faso, leur adoption massive par les producteurs demeure un défi de taille à relever.
En complément, il a insisté sur l’importance stratégique de la chaîne de valeur, rappelant que si l’augmentation des volumes de production est nécessaire, la qualité et la transformation locale constituent les véritables leviers de création de richesse. À ce titre, l’exemple de la filière avicole a été cité comme une illustration parfaite de la nécessité d’allier l’enseignement technique aux capacités de transformation industrielle pour maximiser l’impact économique du secteur.
Voir également👉 Pisciculture : 122 cages flottantes remises à 61 militaires retraités pour une reconversion économique durable
Ce forum démontre que la souveraineté africaine ne se décrète pas, elle se construit par des politiques audacieuses et l’engagement éthique des dirigeants d’entreprise. Les débats se poursuivront autours d’autres thématiques, toujours dans le cadre de ce 9e forum économique du dirigeant chrétien d’entreprise.
Sié Frédéric KAMBOU
Soumane Wahab KARAMBIRI (Stagiaire)
Burkina 24





